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Reporterre
Malgré ses engagements, la France continue de bétonner
Article mis en ligne le 12 mai 2022

Selon une étude du cabinet B&L Évolution, les projets polluants répertoriés par la carte des luttes de Reporterre ne sont pas compatibles avec les objectifs de neutralité carbone et de réduction de l’artificialisation des sols.

Construire des pistes cyclables ou des autoroutes ? Des logements sociaux ou des centres commerciaux ? Des éoliennes ou des bassines d’irrigation ? Pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre et ralentir le bétonnage des terres, il va falloir choisir, nous explique l’étude du cabinet B&L Évolution commandée par l’association Terres de luttes et publiée le 11 mai. (...)

les diverses infrastructures en cours ne permettront pas de respecter ces quotas, assure B&L Évolution. Le cabinet a notamment étudié 65 projets parmi les 490 inscrits dans notre carte des luttes. Il a compté le nombre d’hectares artificialisés ainsi que les émissions de gaz à effet de serre.

Artificialisations massives

Au total, les futures bassines d’irrigation, qui se multiplient partout en France, artificialiseraient 7 300 hectares et émettraient 6 300 tonnes de CO₂. Le développement des fermes-usines supposerait 160 000 de tonnes de CO₂ émises en plus chaque année. Les quatre projets d’agrandissement d’aéroports analysés dans l’étude seraient responsables d’une augmentation des émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 70 millions de tonnes de C02 d’ici 2050. Enfin, la réalisation de l’ensemble des 32 projets routiers consommerait 17 000 hectares de terres. (...)

« Nous bâtissons les conditions de notre échec »

« Nous bâtissons mois après mois, année après année, les conditions de notre échec à atteindre les objectifs fixés en termes de baisse des émissions et de zéro artificialisation nette », a déclaré Charles Adrien Louis, directeur général de B&L Évolution. Pour limiter la casse, il conseille d’arrêter immédiatement l’ensemble des projets polluants contre lesquels se battent de nombreux collectifs citoyens, et qui sont incompatibles avec les objectifs que la France s’est elle-même donnés. Ce qui permettrait de laisser la place aux infrastructures qui vont certes bétonner, mais qui sont jugées nécessaires pour la transition écologique. Et mettre en place des outils d’observation et d’analyse pour savoir si ces politiques nationales sont correctement appliquées. (...)