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Marie-Claude Saliceti
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MSF à Calais : « c’est un abandon organisé »
Article mis en ligne le 23 septembre 2015

Le 10 septembre, MSF a débuté des activités dans la Jungle de Calais, en collaboration avec Médecins du Monde.
Ils sont environ 3 500 exilés à vivre dans une ancienne décharge aux abords de Calais dans le site dit de la Jungle, dans des conditions de plus en plus misérables, malgré les efforts des associations sur place et les initiatives de solidarité locales.

« La Jungle est un bidonville d’Etat et un cul de sac pour un grand nombre d’exilés qui voudraient continuer leur route vers la Grande-Bretagne ou trouver asile en France, dit Pierre-Pascal Vandini, le coordinateur du projet pour MSF. Les gens que j’ai rencontrés ici sont épuisés, désemparés. Un adolescent de 17 ans, qui a déjà connu la vie de réfugiés dans un camp au Soudan, me confiait n’avoir jamais vécu dans un environnement aussi sordide et insalubre qu’ici en France. »

L’équipe MSF qui est sur place depuis le 10 septembre travaille en collaboration avec Médecins du Monde qui gère un dispensaire depuis juin dernier. Un médecin et une infirmière MSF prêtent main forte à l’équipe de MDM pour les consultations médicales. Mais les espaces dans le camp où sont données les consultations ont été envahis par les eaux, ces derniers jours. MSF y a fait des travaux provisoires en attendant de trouver un site plus adapté où il serait possible d’installer ce dispensaire.

Les trois grandes bennes à ordures qui ont été installées aux abords de la Jungle sont insuffisantes et malcommodes. Résultat, le sol est jonché de déchets avec des sacs poubelles entassés ici et là. MSF commence une grande campagne de nettoyage le 21 septembre pour ramasser les ordures et mettre en place un système de collecte et de gestion des déchets pour chaque communauté.

« Pour nous-mêmes, humanitaires habitués à porter secours à des réfugiés dans des situations d’urgence médicale et sanitaire au Soudan, en Ethiopie, en Jordanie ou ailleurs, la situation que nous avons découverte ici est particulièrement choquante, déclare Pierre-Pascal Vandini. Les gens sont livrés à eux-mêmes, les forces de l’ordre ferment les yeux sur les agressions, il n’y a pas assez de points d’eau, de douches, aucune maintenance des maigres infrastructures sanitaires, c’est un abandon organisé. » (...)