Le groupe de migrants a été libéré mi-juillet du centre de détention d’Ain Zara, au sud de Tripoli, où ils étaient retenus depuis 2021 après avoir participé à un sit-in devant le siège du HCR à Tripoli. Le porte-parole de l’organisation Refugees in Libya, David Yambio, s’est insurgé contre cet emprisonnement arbitraire et l’absence de soutien de l’ONU. (...)
Ils étaient détenus arbitrairement depuis 18 mois suite à leur participation à un sit-in devant le siège du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) dans la capitale libyenne. Ils étaient venus y réclamer de l’aide pour pouvoir quitter le pays.
David Yambio, le porte-parole du groupe Refugees in Libya, assure que les migrants libérés disposent de certificats prouvant qu’ils étaient demandeurs d’asile. Même en vertu de la loi libyenne, ils n’auraient, selon lui, jamais dû être placés en détention.
David Yambio lui-même réfugié et passé par la Libye avant d’atteindre l’Europe l’année dernière, a expliqué à InfoMigrants avoir fait pression avec d’autres militants pour que l’agence onusienne du HCR "prenne maintenant ses responsabilités" et soutienne les migrants libérés.
Le HCR a ainsi affrété des bus pour transférer les migrants hors du centre de détention et les aide actuellement à trouver un logement.
Contactée par InfoMigrants, l’agence onusienne n’a pas répondu aux sollicitations de la rédaction.
Un soutien financier insuffisant
Dans un communiqué, le HCR a également indiqué soutenir les migrants financièrement. Mais selon David Yambio, cet argent ne serait "pas suffisant pour louer une maison à Tripoli". (...)
"On leur a volé des années de leur vie", insiste-t-il. Même s’ils reçoivent de l’aide pour trouver un logement en Libye, le fait est qu’ils n’auront pas "accès à l’emploi, aux écoles, aux services publics ou à la sécurité sociale".
"La majorité du groupe (composé essentiellement de Soudanais) demande à être évacué" vers un pays tiers sûr puisque le conflit qui a éclaté au Soudan en avril ne leur permet pas de rentrer chez eux. (...)
Main d’œuvre gratuite "abandonné" par le HCR
Le porte-parole de Refugees in Libya estime que le groupe a été sanctionné et emprisonné pour avoir simplement protesté. Il accuse le HCR d’avoir "abandonné" les migrants pendant et après le sit-in.
"Est-ce que cela signifie que le HCR a coordonné leur détention ? Peut-être... Afin que plus personne n’ose venir protester pour le respect et la protection de ses droits", lance David Yambio.
Il affirme aussi que pendant leur détention, le groupe a été contraint de participer à la construction de bâtiments publics pour les Libyens. (...)