Plus de 110 personnes sont portées disparues, après le naufrage, jeudi 25 juillet, de leur bateau au large de la Libye. Un drame qualifié par les Nations unies (ONU) de la « pire » tragédie en mer Méditerranée cette année. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), une centaine d’autres passagers du navire, qui a coulé au large de la ville de Khoms (ouest), ont été secourus. Ils doivent être placés, d’après la marine libyenne, dans des centres de détention dont les conditions sont souvent dénoncées par les ONG.
Un bilan qui reste pour l’heure flou et provisoire : l’OIM et la marine libyenne ont fourni des chiffres différents sur le nombre de personnes disparues et secourues par les gardes-côtes d’un pays plongé depuis 2011 dans le chaos. Safa Msehli, chargée de la communication au bureau de l’OIM en Libye, a déclaré que 145 migrants avaient été secourus et ramenés vers Khoms, à 120 km à l’est de la capitale Tripoli. Certains survivants ont raconté que leur bateau avait coulé et qu’il y avait encore à bord quelque 150 exilés.
M. Raickman, basé à Tunis et joint au téléphone par l’AFP, a expliqué que les naufragés étaient partis « possiblement à bord de trois bateaux arrimés les uns aux autres, ce qui expliquerait leur désintégration » :
« Les gens étaient extrêmement choqués, un homme tiré de l’eau alors qu’il se noyait a vu disparaître toute sa famille. » (...)
« La reprise des opérations de sauvetage en mer, la fin de la détention des réfugiés et des migrants en Libye, la multiplication des voies de sortie sûres hors de la Libye sont nécessaires maintenant. » (...)
Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé les conditions de détention des migrants. Selon des chiffres de l’OIM, au moins 5 200 personnes sont actuellement dans des établissements de ce type en Libye. (...)
« Les réfugiés et les migrants en Libye sont extrêmement vulnérables et ont droit à une protection au titre du droit international humanitaire », a indiqué Thomas Garofalo, directeur du bureau libyen de l’International Rescue Committee. Il est « urgent » que les missions de recherche et de sauvetage des ONG soient « dépénalisées » et que l’opération Sophia soit rétablie.
Les navires des ONG et ceux de l’opération européenne Sophia intervenaient pour secourir les migrants, mais ces opérations ont pâti en 2019 de la réduction du champ d’action de Sophia et des démarches contre les ONG d’Etats européens cherchant à limiter l’arrivée des migrants. Avant le naufrage de jeudi, le HCR et l’OIM avaient fait état d’au moins 426 personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l’année.
Malgré des violences persistantes depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi il y a huit ans après une révolte, la Libye reste un important point de transit pour les migrants fuyant l’instabilité dans d’autres régions d’Afrique et du Moyen-Orient et qui cherchent à rejoindre l’Europe.