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Les ordonnances Travail sont anti-écologiques
Article mis en ligne le 10 octobre 2017

Les ordonnances d’Emmanuel Macron modifiant le code du travail, en plus de baisser la protection des salariés, explique l’auteure de cette tribune, favorisent une dynamique contraire à la transition écologique.

Rien de nouveau sous le soleil : les ordonnances Macron sont dans la droite ligne de ce qui s’est fait en matière de droit du travail ces quinze dernières années. Flexibilité, souplesse et liberté : la logique interne à la loi est dépassée et se situe clairement dans le siècle dernier. Il s’agit, une nouvelle fois, de « baisser le coût du travail » — comprendre : les protections des salariés — au nom de la compétitivité de notre économie à l’exportation. Vieille logique : payer moins, protéger moins pour exporter plus, sans tenir compte ni des conditions environnementales de production, ni de l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre implicite à cet objectif. Davantage d’échanges internationaux, de transport de marchandises, d’exportations, toujours plus de croissance, c’est toujours moins de chances pour l’humanité de surmonter le problème écologique.

D’autant que la réduction au périmètre national de l’évaluation des difficultés économiques induit un grave danger. Désormais, l’éloignement géographique des activités serait un moyen de provoquer plus facilement des licenciements nationaux. Tout site en dehors de la France ne compte plus pour estimer les difficultés économiques. C’est une vraie incitation à exporter les sites de production et à réimporter les biens sur le marché national afin de garantir une marge de licenciement légale, avec seulement les installations les moins performantes en France. Et donc, les installations les plus rentables dans des pays où le droit environnemental est bien moins « contraignant », c’est-à-dire où l’on peut polluer librement sans rendre de comptes à personne (...)

À contre-pied de cette réforme archaïque, c’est à la pénurie d’emplois qu’il faut répondre. Nous continuons à défendre notre proposition de planification écologique, fondée sur un investissement massif dans la transition énergétique et la baisse du temps de travail, idées de notre temps pour celles et ceux qui en ont saisi les principaux défis.