Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
alterecoplus
Les idées économiques : un marché fermé
Dans ce classement, Joseph Stiglitz n’est que 24e, Dani Rodrik 106e et Thomas Piketty 259e !
Article mis en ligne le 3 février 2016

Les idées économiques ont-elles été renouvelées par la crise ? Telle est la question que s’est posée Federico Fubini, à partir de l’étude des publications universitaires des économistes. Il parvient à un constat désolant qui le conduit à écrire que les idées économiques constituent « un marché fermé ». Une étude qui lui a valu une réponse de l’équipe gérant le site de citations des économistes (RePEc), qui a tenté de montrer que la profession était un peu plus ouverte.

Mais les idées des économistes progressistes peinent à se faire entendre, même celles du plus reconnu d’entre eux au sein de la profession, Thomas Piketty.

(...) Fubini a ainsi comparé le classement de décembre 2006 avec celui de septembre 2015, afin de déterminer si les citations de travaux d’économistes avaient été modifiées par la crise de 2007-2008 et ses conséquences. Pour lui, « ce n’est pas le cas ». Il estime même que « l’influence intellectuelle exercée par ceux dont les théories ont le plus clairement souffert demeure absolument intacte ».

En effet, des auteurs tels que Robert Lucas et Eugene Fama continuent d’être largement cités, et progressent même au classement !

Or ils sont tous deux célèbres pour leurs élucubrations, Lucas pour prétendre que les agents économiques sont rationnels même dans leurs prévisions (contrairement aux économistes), et Fama pour affirmer que les marchés financiers sont « efficients » – sans qu’une définition précise de ce terme ne soit proposée, comme le relèvent Bernard Guerrien (Université Paris 1) et Ozgur Gun (Université de Reims Champagne Ardennes). (...)

Quelques propositions pour changer l’Europe

Comme le note Benjamin Coriat, professeur à l’université Paris XIII Villetaneuse et membre des économistes atterrés, 2016 sera une année « critique » pour l’Europe (bon il est vrai que l’on dit cela un peu tous les ans).

Pour penser l’Europe de façon alternative à ce que racontent généralement les économistes distingués par le classement RePEc, on peut se tourner, outre les Atterrés, vers Thomas Piketty, qui, dans le blog qu’il tient désormais pour le journal Le Monde, a avancé ses propositions pour changer l’Europe.

Au menu : conférence des pays de la zone euro pour décider d’une restructuration de la dette ; renégociation du traité budgétaire de 2012 afin d’y introduire de la démocratie et de la justice fiscale.

Pour Piketty, « la priorité absolue aujourd’hui devrait être de décréter un moratoire sur la dette tant que le niveau d’activité et d’emploi n’a pas retrouvé un niveau correct ».

Une priorité qui semble évidente au vu de l’ampleur de l’effondrement intervenu dans plusieurs pays européens, surtout si on le met en regard du redressement qu’ont connu les Etats-Unis grâce à la simple et efficace politique de relance d’Obama :
(...)

Au final, « Si l’on ajoute à cela que l’on aurait bien besoin de la mobilisation de tous, et notamment de l’Europe du Sud, pour se montrer unis et coopératifs face à la crise des réfugiés, alors la stratégie européenne actuelle relève véritablement du suicide et de l’irrationalité collective ».

Conclusion : en économie, ce sont les mauvaises idées qui gouvernent, encore et toujours
(...)

en Europe aujourd’hui, ce sont toujours les idées de Milton Friedman et de Robert Lucas qui dominent, et non celles des Atterrés, de Thomas Piketty ou de James Galbraith (qui ne figure même pas dans le classement RePEc alors qu’il est l’un des économistes les plus intéressants de la planète).