À la fin des années 1990, une filière d’armes croate arrose la France. Et déjà dans ce dossier, jamais jugé en France, apparaissait le nom de Claude Hermant, aujourd’hui mis en cause dans l’affaire des armes de l’Hyper Cacher.
« Avec le bouche à oreille, tout le monde savait ce que je faisais », raconte Claude Hermant aux enquêteurs qui l’interrogent sur la filière qui a fourni les armes de l’attentat contre l’Hyper Cacher [lire notre enquête ici]. S’il s’est fait une telle réputation de trafiquant d’armes, c’est qu’il aime raconter à qui veut l’écouter ses exploits passés.
C’est d’ailleurs un intime qui nous confie qu’en privé Hermant se vante d’avoir fourni des armes aux Croates pendant la guerre. Toujours avec l’aval de l’État français, dit-il. Pourtant, face aux policiers, il raconte seulement avoir été instructeur pendant le conflit, en parallèle de son engagement au DPS, le service d’ordre du Front national. (...)
Une affaire tombée dans l’oubli
A la fin du conflit, en 1995, des armes font le trajet inverse, comme le révèle une enquête des journalistes Philippe Lobjois et Paul Moreira, tombée aux oubliettes car jamais mise en ligne. C’est aux archives nationales (BNF & INA) que nous pourrons exhumer l’article publié dans les colonnes de France Soir (1) et le reportage de Canal+ (2) qui racontent cette affaire.
Début 2001, la police croate, après une enquête menée en collaboration avec Interpol, démantèle un réseau qui arrose une partie du continent et plus particulièrement la France. Plusieurs dizaines de tonnes de matériel de guerre auraient transité par le territoire français pour une valeur comprise entre 5 et 10 millions de francs, racontent les deux journalistes. Les armes sont transportées dans des caches constitués dans des bas de caisse et des portières de voitures désossées puis remontées. (...)
Un homme manque dans le box des accusés du procès #CharlieHebdo : Claude Hermant. Il a fourni les armes à Coulibaly pour son massacre à l'épicerie Casher. C'est une figure de l'extrême-droite sur laquelle j'avais déjà enquêté, il y a 20 ans...https://t.co/V6uapERhSG
— Paul Moreira (@PaulMoreiraPLTV) September 2, 2020