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« Le FMI n’a pas changé, il ne faut pas oublier ses actes passés »
Éric Toussaint
Article mis en ligne le 23 octobre 2015
dernière modification le 17 octobre 2015

Le porte-parole du Comité pour l’annulation de la dette du tiers monde était à Lima à l’occasion de l’assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale. Il rappelle que la croissance économique n’entraîne pas une réduction de la pauvreté.

Il ne croit pas en un miracle économique, ni au Pérou, ni dans d’autres pays d’Amérique latine, du fait que nous subissons un modèle économique capitaliste extractiviste qui ne tient pas compte du droit des personnes et ne bénéficie qu’aux plus riches. Face à l’argument des capitalistes qui affirment qu’il n’y a pas d’alternatives permettant d’obtenir de meilleures solutions, il estime au contraire qu’il y a des alternatives, telles que l’écosocialisme, un socialisme écologique axé sur une pratique autogestionnaire des populations, un contrôle des projets de développement, une forte participation citoyenne, une profonde démocratie, qui réduit les inégalités et favorise une économie au service non pas d’une minorité privée mais du bien commun.

Quand le journal en ligne LaMula.pe lui demande si le développement se mesure seulement à l’aune de la croissance économique, il conteste énergiquement : « C’est faux ». Il ajoute :
« Aucune preuve scientifique ne démontre que la croissance économique per se entraîne une réduction de la pauvreté. Il peut y avoir des réussites économiques en termes de croissance et, parallèlement, une augmentation de la pauvreté et des inégalités, comme c’est le cas en Chine ou au Pérou par exemple. Si l’on observe dans une certaine mesure une croissance au Pérou, c’est au dépens de l’environnement, qui se dégrade. Il peut y avoir un certain accroissement de la consommation, mais cela peut entraîner des dettes et la dégradation de l’exercice de la citoyenneté ».

Pour lui, la croissance du PIB n’est pas un critère à même de mesurer la satisfaction des droits humains et le développement humain au sein d’un pays. Il se réfère à la pleine satisfaction des droits humains fondamentaux (les droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques). Il y a donc une distinction très nette entre les postures des organismes spécialisés en coopération internationale, les institutions internationales ou les gouvernements du Nord, et la manière dont le CADTM voit les choses.
« Les pays qui suivent le modèle occidental ou le modèle capitaliste de développement subissent une hausse importante des inégalités liée à la croissance économique ». (...)

Et si on lui demande si le FMI a changé, il le réfute (les Grecs, avec qui il travaille dernièrement, peuvent en témoigner !). Le FMI va revenir renforcé sur la scène latino-américaine. « C’est pour cela que l’Assemblée annuelle se déroule au Pérou. Les Péruviens et les Latino-américains doivent se préparer à affronter une nouvelle dose d’économie néolibérale du FMI », avertit-t-il.