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Futura Sciences
La pire sécheresse depuis 900 ans en cause dans les conflits du Moyen-Orient
Article mis en ligne le 10 mars 2016
dernière modification le 5 mars 2016

Une étude de la Nasa qui s’est intéressée à l’histoire climatique du bassin méditerranéen et à la variabilité de ses épisodes de sécheresse montre que celle ayant touché le Proche-Orient entre 1998 et 2012 fut la pire depuis le XIIe siècle. Pour les chercheurs, le réchauffement climatique l’a probablement accentuée, comme le prédisent les modèles.

(...) Ces dernières années, il n’est pas rare d’entendre dans les médias, différents acteurs ou experts politiques et scientifiques expliquer que la sécheresse qui a frappé la Syrie de 2007 à 2010 et dévasté le monde paysan serait un des facteurs déclenchants de la révolte qui a agité le pays en 2011, révolte qui est malheureusement devenue un conflit particulièrement sanglant, poussant des dizaines de milliers de familles à se déplacer.

Une étude publiée début 2015 dans les Comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (Pnas) corroborait cette hypothèse, citée ensuite pour évoquer les réfugiés climatiques dans le cadre de la COP 21. « Nous ne disons pas que la sécheresse est la cause de la guerre mais qu’elle s’est ajoutée à tous les autres facteurs, contribuant ainsi au conflit, avait déclaré un de ses auteurs, le climatologue à l’université Columbia, Richard Seager, à l’AFP, ajoutant que le réchauffement climatique en cours, résultant des activités humaines, a probablement contribué à la sévérité de la sécheresse dans cette région ».

Une nouvelle étude de la Nasa, publiée dans le Journal of Geophysical Research-Atmospheres de l’Union géophysique américaine (American Geophysical Union ou AGU) montre que cette sécheresse, commencée en 1998, fut en réalité la pire que cette « région du Levant » ait connue depuis neuf siècles. (...)

Les projections des modèles sur les régions bordant la Méditerranée sont unanimes : elles vont s’assécher dans l’avenir en raison du changement climatique (...)

« La Méditerranée orientale sera un point chaud de l’aridification due à l’augmentation des gaz à effet de serre, souligne son collègue, Richard Seager, et ce changement est déjà en cours ».