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Marie-Claude Saliceti
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La nature de classe des partis dits "islamistes"
par bruenor samedi 22 septembre 2012
Article mis en ligne le 23 septembre 2012

Les partis présentés comme prétendument islamistes ne sont pas en réalité des mouvements religieux, mais des partis politiques conservateurs qui utilisent l’idéologie religieuse. En l’absence d’une bourgeoisie nationale dans les pays dominés par l’impérialisme, ce sont des partis politiques petits-bourgeois, inféodés à l’impérialisme et respectueux de la propriété privée des moyens de production ;

ils ont été constitués dans la plupart des cas contre le socialisme et l’idée de la lutte de classe car, partant du principe qu’il y existerait une communauté musulmane, ils s’opposent avec force à toute idée de division de la société en classes sociales. Pour eux un musulman, qu’il soit patron ou ouvrier est un frère. De ce point de vue, ils sont proches de l’idée corporatiste chrétienne, partisane de l’association capital-travail. (...)

La confrérie des Frères musulmans fut fondée par le cheik Hassan el-Banna, en Egypte en 1928, après l’effondrement de l’empire ottoman, contre l’appel lancé aux peuples opprimés de l’Empire ottoman par la classe ouvrière russe qui, en expropriant le capital, avait permis la libération des peuples opprimés dans l’empire tsariste.

En 1921, la tenue d’un congrès des peuples d’Orient, à l’initiative de l’Internationale communiste, avait jeté les bases d’un mouvement révolutionnaire prolétarien dans les différentes parties de l’empire ottoman démembré. Explicitement, les Frères musulmans avaient fondé leur mouvement contre "l’emprise laïque occidentale" et "le communisme".

La constitution des Frères musulmans s’opposait donc au combat révolutionnaire dans ces pays, mais également au mouvement nationaliste arabe qui intégrait une certaine dose d’anti-impérialisme. Pour les Frères musulmans, l’idée d’émancipation nationale et de réalisation des tâches nationales et démocratiques était contradictoire avec leur propre perspective d’un califat basé sur la charia et rassemblant tous les musulmans quelles que soient leurs nationalités. (...)

le leader d’Ennadha a déclaré, devant l’institut Washington d’études politiques sur le Moyen-Orient, s’opposer à l’idée qu’on puisse remettre en cause les rapports établis par le régime Ben Ali avec Israël. Il a également reconnu la place et le rôle de l’Otan à la suite de la guerre en Libye, notamment, a-t-il dit,du fait des rapports historiques avec l’Union européenne, dont nombre de pays sont membres de l’Otan.

L’administration américaine, après ce nouveau tournant adopté pour préserver sa domination, s’appuie désormais sur la collaboration de ces partis avec les partis de gauche ou laïques, proches de l’Internationale socialiste ou issus du stalinisme, pour s’opposer au processus révolutionnaire. Bien évidemment, cela ne va pas sans contradictions parce que, historiquement, ces partis dits islamistes, donc prétendument opposés à Israël, dénonçaient les Etats-Unis comme principal soutien des sionistes.

Mais pour ces partis, qui récusent toute idée d’expropriation du capital, il n’est pas possible de s’émanciper de la domination impérialiste. Dans les pays dominés par l’impérialisme, le véritable maître de l’économie n’est pas la bourgeoisie nationale débile et compradore, tunisienne ou égyptienne, mais d’abord et avant tout le capital impérialiste, c’est-à-dire les grands trusts américains ou européens.