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La mafia infiltrée dans le chantier franco-italien de la ligne Lyon-Turin
Article mis en ligne le 13 novembre 2014

Les sociétaires des grandes banques mutualistes françaises l’apprécieront-ils ? Le Crédit agricole, le groupe Banque populaire-Caisses d’Épargne (BPCE) et le le Crédit mutuel financent directement ou indirectement l’industrie de l’armement nucléaire, à hauteur d’environ 7 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros). C’est ce que montre le dernier rapport (à lire ici, en anglais) de l’ONG néerlandaise Pax rendu public le 7 novembre sous le titre Don’t Bank the Bomb (Ne financez pas la bombe).

L’ONG a examiné le financement de 28 entreprises qui travaillent, entre autres, dans la fabrication, la maintenance ou le stockage des missiles et têtes nucléaires. Et ce en France, aux États-Unis, en Inde, au Royaume Uni et en Israël. Résultat : au cours des trois dernières années, 411 banques, compagnies d’assurances ou fonds de pension du monde entier ont mis à la disposition des fabricants d’armes nucléaires plus de 400 milliards de dollars.
Des armes pourtant reconnues comme controversées par les banquiers

Une information confirmée par le Canard Enchaîné paru le 12 novembre. Le journal satirique pointe notamment la société Italcoge Spa en contact avec la Ndrangheta, une organisation mafieuse originaire de la région de Calabre, au Sud de l’Italie. Cette société a été missionnée par Lyon Turin Ferroviaire (LTF), l’entreprise maitre d’ouvrage, pour fournir et poser des portes grillagées métalliques anti-intrusion. Mais selon des photos que s’est procurées le Canard, « les portes à peine posées sont déjà rouillées »... Le magazine Politis s’était dès décembre 2012, interrogé sur la présence d’entreprises sous-traitances « douteuses », et plus largement sur la gestion du grand projet Lyon Turin [2]. (...)

« Il faut attaquer les réseaux de la mafia au portefeuille ». Cet engagement de Manuel Valls en 2013, alors ministre de l’Intérieur, est foulé du pied comme le révèle un reportage du magazine d’investigation Vox Pop [1]. Diffusée le 10 novembre sur Arte, l’enquête pointe la manière dont la mafia s’est infiltrée dans le projet de ligne à grande vitesse qui doit relier Lyon et Turin à l’horizon 2030 (Lire nos précédents articles sur le sujet). C’est en passant notamment par des contrats de sous-traitance « souvent moins surveillés », que quatre sociétés liées à la criminalité organisée se sont immiscées sur ce chantier chiffré à 26 milliards d’euros. « Toutes les procédures qui doivent garantir la sécurité des citoyens, la santé des citoyens ainsi que la transparence des marchés publics et des appels d’offre sont perpétuellement violés et piétinés », dénonce Lucia Giunti, du mouvement No TAV. (...)