Le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes a fait croire que le Club de Paris annulait la totalité de la dette grecque. Un coup de com.
« Il nous a bien fallu le lire à deux reprises pour y croire ! » C’est sur un ton presque trop surpris pour être vraiment crédible que le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM), a tenté de faire croire ce jeudi que le Club de Paris (un groupe informel de créanciers qui affiche la volonté de trouver des solutions de paiement aux pays endettés) avait annulé la dette grecque. Deux communiqués simultanés annoncent que « Le Club de Paris décide d’annuler la dette de la Grèce et de se doter de statuts officiels » et que « le CADTM salue les décisions du Club de Paris d’annuler la dette de la Grèce et de se doter de statuts ». « Comme si la raison venait avec l’âge, le Club de Paris opère un virage notable », se réjouit le comité qui a fêté à sa manière les 60 ans du Club de Paris. L’annonce était bien évidemment fausse. Mais le canular a visiblement alarmé Bercy, qui s’est fendu d’un tweet pour prévenir les internautes (...)
L’organisation ne se cache pas d’avoir fomenté un canular pour « interpeller les gens et qu’on se pose des questions sur le club de Paris ». Tout est fait pour que l’internaute ne tombe pas vraiment dans le piège. Le CADTM prévient qu’il s’agit d’une « info exclusive » et publie un communiqué au logo grossièrement détourné. Attac, qui relaie aussi le canular, accompagne son tweet d’un hashtag WTF (« what the fuck ») et fait mine de s’interroger sur Facebook : « Que se passe-t-il ? On commence à remettre les pieds sur terre ? »
« On n’a pas vocation à tromper, on se rend compte très rapidement que c’est faux », explique le comité qui assure pourtant avoir reçu plusieurs coups de téléphone de personnes s’interrogeant sur la véracité de l’annonce. « Ce sont des annonces que le Club de Paris ne ferait jamais et qui pourtant n’ont rien d’incroyable, sont pleines de bon sens », selon la secrétaire générale de l’organisation, Maud Bailly. Demander au Club de Paris de « sortir de l’opacité » et de s’institutionnaliser et d’effacer les dettes pour respecter les droits humains fait en effet partie des revendications de l’organisme. (...)