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L’extraction aurifère en Guyane, un danger pour la biodiversité forestière et ses habitants
Article mis en ligne le 15 décembre 2016
dernière modification le 13 décembre 2016

L’orpaillage clandestin dans la forêt tropicale guyanaise est en plein essor, et avec lui ses impacts négatifs. L’État, demande l’auteure de cette tribune, doit repenser la lutte contre une activité très préjudiciable à l’environnement et aux populations autochtones.

La Guyane est certainement un des plus importants patrimoines de l’humanité, à la fois en raison de sa biodiversité exceptionnelle et de sa richesse culturelle. Notre territoire, adossé au vaste massif amazonien, constitue un des derniers refuges de forêt tropicale humide à l’échelle globale. À ce titre, l’État a une lourde responsabilité vis-à-vis de ces citoyens et des citoyens du monde. Le sud de la Guyane, en particulier, est très important sur le plan de sa biodiversité, mais aussi de sa sociodiversité, avec la présence de populations autochtones et locales culturellement très riches.

Malheureusement, et ce, malgré le travail remarquable des agents du Parc amazonien de Guyane (PAG), et celui réalisé par les forces armées en Guyane, le territoire du Parc, qui devrait être un exemple en matière de protection de forêt tropicale, est affecté par des chantiers illégaux d’orpailleurs clandestins de plus en plus nombreux.

Le conseil scientifique du Parc amazonien a depuis longtemps alerté les autorités sur cette situation dégradante pour un Parc national (...)

Les actions de police et les moyens alloués à ces actions doivent impérativement être renforcés à la hauteur du problème, et la stratégie de lutte doit être complètement repensée. De plus, nous soulignons la nécessité d’une coopération franco-brésilienne et avec le Suriname voisin pour venir à bout de ce fléau qui entache la vision du rôle des zones protégées, en particulier celle du PAG, en décalage avec les attentes initiales et qui donne une image dégradée et une défiance des citoyens à l’encontre de l’état régalien perçu comme impuissant et éloigné des préoccupations premières de ces administrés. Il en va également de l’exemplarité en matière d’environnement, à l’image de la COP21, que la France prône vis-à-vis de pays voisins et dont les moyens étatiques sont pourtant bien moindres que les siens.

De plus, nous nous opposons à considérer l’extraction minière comme service écosystémique, comme cela a été mentionné dans le rapport du programme Best (bulletin d’information Best no 3) établi par le WWF. En effet, un gisement — fut-il d’origine fluviatile — relève non pas de l’écosystème (temps présent), mais du géosystème (temps long et héritage des temps anciens) qui diffère de l’écosystème par les échelles de temps et/ou par une implication du vivant révolue. L’extraction minière ne peut donc, en aucun cas, être considérée comme un service écosystémique !