La société civile pose 3 questions à la Banque mondiale lors de son Assemblée du printemps 2015 |17|
– Pourquoi n’avez-vous pas discuté avec des paysan-ne-s avant de promouvoir de gigantesques programmes de réformes agricoles ?
– Pourquoi récompensez-vous des pays qui abandonnent leur souveraineté nationale et leurs richesses dans les mains de multinationales étrangères, tout en punissant ceux qui choisissent d’investir dans la santé et le bien-être de leur population ?
– Pourquoi privilégiez-vous des modèles agricoles qui détruisent l’environnement et appauvrissent les populations sur les modèles respectueux de l’environnement et qui permettent actuellement de nourrir le Monde ?
Depuis 2014, la Banque mondiale est fortement contestée par la société civile par le biais de la campagne « Our Land Our Business » - notamment en raison des classements « Doing Business » et « Enabling the Business of Agriculture » - pour son rôle dans les accaparements de terre à l’échelle mondiale et la promotion du modèle agro-industriel au détriment des paysan-ne-s des pays du Sud.
Retour sur l’évolution des politiques mises en place par la Banque mondiale depuis sa création, censées lutter efficacement contre la pauvreté, et explication des critiques actuelles. (...)
Le risque avec des institutions transnationales comme la Banque mondiale est de croire qu’elles se situent au-delà de notre portée démocratique – étant donné que nous n’élisons pas ses dirigeants – et qu’il est dès lors vain de vouloir les réformer ou tout du moins de vouloir leur faire entendre nos critiques quant à leur fonctionnement ou à leurs outils. Cependant les pays de l’OCDE, de par leur participation plus importante au capital de la Banque, ont un pouvoir de décision également plus important au sein du Conseil des Gouverneurs (« organe de décision suprême |19| ») ainsi qu’au Conseil des Administrateurs (comprenant 25 membres donc 5 sont désignés par les 5 plus grands actionnaires de la Banque, actuellement les États-Unis, le Japon, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni). L’influence de la Belgique au sein de l’organisation est également loin d’être négligeable (voir encadré ci-dessous), influence qui rend légitime la demande de la société civile d’être informée sur ses prises de position souvent opaques. Et particulièrement si les décisions qui en découlent favorisent la création et la mise en place d’outils non seulement inadaptés, mais qui de plus dégradent les droits humains des populations.