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Greek Crisis
L’avenir sous la pluie
Article mis en ligne le 10 novembre 2014

Les fortes pluies sont arrivées avec le vent du sud. Les températures restent pourtant clémentes et les Athéniens se disent plutôt soulagés. Car le chauffage devient désormais un luxe pour le plus grand nombre. Temps orageux, alors porteur de nombreux incidents humains et climatiques. Inondations, effondrements et autres “catastrophes” en rajoutent ainsi... à la morosité sociale. Temps présent et temps d’avenir ?

Seulement, c’est plutôt le manque d’entretien - et non pas la “seule pluie” comme le prétendent certains medias, qui est à l’origine du déraillement d’un train de marchandises dans la nuit du vendredi à samedi ; et le trafic ferroviaire entre Athènes et Salonique avait été interrompu durant plusieurs heures. La Grèce alors patauge et se divise.

Toutefois, la semaine passée fut autant relativement dense en événements “d’en bas”, au-delà de la météo, s’agissant essentiellement des manifestations assez bien suivies et concernant certaines branches professionnelles... désarçonnées comme d’abord les lycéens, lesquels ont occupé plus de 500 établissements avant de manifester massivement dans les rues d’Athènes jeudi 6 novembre.

Les lycéens protestent contre le projet presque accompli de la “nouvelle école” sous le mémorandum ; et le ministre “socialiste” troïkan Lovérdos... incite les tribunaux ainsi que les cadres de “son” ministère “à ne pas tolérer le désordre et les entraves à la loi” Rien de très nouveau dans sa réaction. (...)

La Grèce s’agrippe à sa crise comme elle peut et cela concerne pratiquement tout le monde. Alexis, ingénieur-géologue hésite entre un poste à Dubaï ou un projet concernant l’exploitation du marbre quelque part au-delà d’Athènes “car les investisseurs existent et ils sont Italiens”. “De toute manière, c’est sauve qui peut. Le collectif est mort et la politique n’apportera plus rien. Le pays se relèvera dans vingt à trente ans et encore, donc pour nous tous ici il s’agit de sauver... nos jours restants. Ni plus, ni moins.” (...)

La social-démocratie appartenant déjà aux cimetières de la théâtralisation politique, c’est désormais le moment pour l’ensemble de la gauche pour (se) mesurer (à) sa propre disparition et cela, malgré la percée... inévitablement sympathique d’Aléxis Tsípras. (...)

D’ailleurs, à gauche comme à droite, on estime que notre pays est suspendu dans le vide. Suspendu dans l’air du temps comme si il s’attend à l’ouverture d’une trappe sous ses pieds, une ouverture vers le chaos rappelant les dessins animés de notre enfance.

Depuis septembre, je remarque qu’à travers la presse de gauche (et pas uniquement), puis, sur internet, les slogans faciles disparaissent au profit d’un discours et d’un logos enfin approfondis. “La gauche, syndicats compris, ont failli à leurs missions face à cette transformation imposée par les puissants. Le cadre déjà difficilement démocratique n’est plus, les gens ont peur et la mithridatisation fera accepter l’abdication quant aux droits lorsque les syndicats et les partis de gauche auront mobilisé quelques centaines de milliers de gens certes, tout juste pour faire retomber la pression sociale et ainsi justifier (de) leurs salaires... politiquement très corrects. Le réveil c’est alors maintenant ou plus jamais”, peut-on lire donc ici ou là. (...)

ce samedi 8 octobre, le “Quotidien des Rédacteurs” publie une interview de Pierre Rosanvallon pour qui “il y a certainement une urgence quant à la réinvention de l’égalité dans nos sociétés”. Et sur une autre page, le quotidien rend hommage à la pensée de Karl Popper, “L’avenir est ouvert”. Plus pour tout le monde...

Yórgos Loúzis, agriculteur originaire de la région de Messénie au sud-ouest de la péninsule du Péloponnèse, s’est suicidé lorsque la Banque du Pirée a saisi “par erreur” ses maigres avoirs déposés sur son compte. Pourtant Yórgos remboursait normalement l’emprunt de la banque. L’affaire est montée jusqu’au “Parlement”, suite à la question posée au ministre des Finances par le député SYRIZA Thanássis Petrákos. Le ministre refuse de répondre, alors que le “Quotidien des Rédacteurs” rappellera que finalement les banques tuent. (...)