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Revolution permanente
"Ils m’ont insultée, humiliée, frappée, j’ai eu le droit à la rangers sur le visage écrasé"
Article mis en ligne le 19 mars 2019

Nous retranscrivons le témoignage bouleversant de Marion, violemment interpelée samedi lors de l’Acte XVIII des Gilets Jaunes à Paris, humiliée et insultée, menottée pendant des heures, puis placée 24h en garde-à-vue dans des conditions insupportables. Nous lui témoignons tout notre soutien.

"Bonjour tout le monde me voilà enfin rentrée de 24 h de GAV [garde à vue, NDLR] après avoir été projetée par un FO [Force de l’ordre] avec son bouclier je me suis retrouvée au sol sur le ventre et quand ils sont passés à côté je me suis rendu compte que c’était les FO alors j’ai rétorqué avec un coup de pied. Ils m’ont sautés dessus à plusieurs, menottée insultée humiliée frappée, j’ai eu le droit à la rangers sur le visage écrasé, les liens [pour lui entraver les mains] n’ont pas tenus alors j’ai été menottée puis mise debout dans le cortège et assise pendant plus d’une heure avec insulte et humiliation sans cesse...

Au bout d’une heure passée, un panier à salade est venu nous récupérer nous étions 3 avant de monter dans leur camion, ils ont cherché les clés des menottes sans résultat et ça leur allait bien. (...)

Arrivée au commissariat dans le 5 ème pendant plus de 2 h, ils ont cherché les clés sans avoir lu mes droits ou signé ma GAV. Avec 2 policiers nous avons fait le tour du 5 ème jusqu’au Sénat voir leur collègue gendarme s’ils avaient les clés..... La blague.... Cette personne nous apprend que c’était impossible d’avoir ces clés vu que les menottes n’étaient pas conformes, que leur collègue avait dû perdre ses menottes et en acheter d’autres sans les déclarer... Vous pensez bien qu’au bout de plus d’une heure tout le monde perdait patience !!! Arrivée de retour au commissariat du 5 ème ils ont décidé de me les couper photo et vidéo à la suite.. Mise en GAV dans une cellule avec 4 autres filles où 2 n’avaient fait que sortir du métro sans aller à une manifestation 😠

Il est prêt de 20 h et les allers-retours s’enchaînent, fouille test photo etc... Les unes et les uns après les autres. Au repas, du riz plus que dégueu on s’entend bien... Du mal à avoir des verres d’eau.... Dans la cellules, 3 matelas 2 couvertures pour 5. En pauvre tee-shirt sans soutien-gorge on se débrouille et se soutient comme on peut... Toute la soirée, on fait des allers-retours dans les bureaux, ils me menacent de grosses sanctions si je refuse de parler et de faire le test salivaire mais je n lâche pas, les filles non plus. Je vois enfin mon avocat ce qui ne me rassure pas forcément là je prends conscience de la chose et me dit que ça pourrait quand même le faire en vue de mon interpellation. 3 h du mat photo empreintes et re-menaces pour le refus du test salivaire... Bref (...)

Malgré ma précédente audition où j’ai dit que ne parlerai pas sans mon avocat, elle insiste et joue sur mes enfants et mon avenir et là je me rends compte que je dois lui donner ce qu’elle veut ’’ ouvrir mon téléphone et faire ma déclaration ’’ en sachant que le gendarme que j’ai ’’ frappé ’’ porte plainte pour coups aggravé sur FO. Et que je peux prendre cher. Je lui allume mon téléphone et la je vois les messages de mes enfants et elle me dit ’’ vous voyez’’ si vous me dites tout ça ira plus vite et vous avez une chance de sortir. La pression morale est là et bien là... Je craque je me dis que de toute façon je n’ai rien à perdre même si elle me pense blackbloc en vue de mon pantalon noir 😱😱😱 je lui donne tout ce qu’elle veut et la elle me dit qu’elle a auditionné le gendarme et qu’il ne porte pas plainte... Merde je me suis fait avoir... Tu m’étonnes qu’il ne porte pas plainte en vue de toutes les erreurs qu’ils ont fait !!! Quelques heures après on me dit que je suis libérable. OK avec convocation au mois d’avril... Quel soulagement.

Les autres vont au dépôt direct pour être jugés.

Là je sors je passe mon premier coup de fil sans savoir si j’aurais quelqu’un au tel sans savoir si je suis seule sur Paris et là elle me répond et me dit "Oui Marion on est là, on vient te chercher", quel soulagement !

Perdue, désorientée, je craque mais me sens soutenue par une belle vague de solidarité St brieuc toujours sur place quel soulagement... Mes GJ [Gilets jaunes] à moi surtout Lannion et St Brieuc je vous aime et ne sais pas comment vous remercier pour tout votre soutien vous ne m’avez jamais lâchée et pour ça je vous serrait toujours reconnaissante. (...)

Marion cherche à rassembler témoignages, photos et vidéos de son interpellation afin de porter plainte. Si vous en disposez, merci de nous les transmettre à siterevolutionpermanente chez gmail.com. (...)