
La presse du dernier moment se focalise sur le retrait du projet de loi-cadre “antiraciste”, avant même qu’il ne soit déposé. La Nouvelle démocratie craignant l’influence de l’Aube dorée, déjà si évidente en son sein, a vite montré “ses” limites car elle abandonnerait finalement la partie, tandis que les deux autres “formations restantes”, et de toute évidence cosmétiques, le PASOK et la dite Gauche démocratique, se sont montrées outrées, laissant apparaître leurs limites à travers l’insignifiant. Et on apprenait ce mercredi matin du 29 mai, que ces deux “formations” s’apprêtèrent à déposer une proposition de loi allant dans ce sens très prochainement. La Gauche radicale s’indigne, puis, quant à la société et pour ce qui est de ses limites, elles demeurent toujours mystérieuses. Sauf qu’entre-temps, et on vient de l’apprendre également, le gouvernement prépare une loi dite “d’encadrement et de délimitation du droit de manifester”. Courants et vents dominants d’une époque visiblement dominée par ses zones d’ombre.
(...) Nous ne voulons presque plus rien savoir du vaste monde et de ses altérités, hormis ce que nous livrent “nos” économistes maison, ainsi que les medias autorisés. Ou alors, sous la seule forme “d’une terre promise” d’émigration. Tout changement planétaire, ou plutôt ses reflets nous parviennent donc par le biais et sous le seul prisme de la crise. Déjà que nous n’étions pas si bien préparés à en saisir l’altérité. Nous nous enfermons ainsi dans la tautologie de la crise, ce qui est aussi valable des attitudes adoptées par “nos” formations politiques. Pour ce qui est déjà de la gauche, cela ne laisse que peu de place à l’imagination. Cette dernière n’habite plus chez nous, ne nous habite plus. Elle ne peut pas s’épanouir, ou sinon par miracle, car tuée dans l’œuf et dans l’exclusivité de notre univers quasi-concentrationnaire. Il n’y a certes que l’Aube dorée qui puise dans l’inimaginable, cela relève d’ailleurs du topos bien tragiquement connu du “facile” car “mieux adaptée” aux vents dominants. (...)
Comme partout en mer Égée en ce moment et même depuis un certain temps, des refugiés arrivent par embarcations de fortune, c’est-à-dire d’infortune, chaque jour et chaque nuit. L’île de Lesbos ne sait plus comment y faire face, tandis qu’à la petite Leros, les habitants et les autorités locales se sont mobilisés policiers compris, pour offrir un quelconque abri et des vivres à ces gens, essentiellement des familles syriennes, et en absence de toute structure. Et au moment même où l’État, le nôtre, est sur le point de s’effondrer. (...)
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