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Hongrie : camouflet pour Orban et sa politique antimigrants
Article mis en ligne le 8 novembre 2016

Le rejet de l’amendement est un camouflet législatif inédit pour le Premier ministre souverainiste élu en 2010 et réélu en 2014, qui a fait adopter, selon les analystes, plus de 600 lois durant son mandat et une nouvelle constitution déjà amendée six fois.

Il s’était personnellement engagé dans cette révision constitutionnelle qui visait à prolonger le bras de fer engagé depuis plusieurs mois contre le plan européen de répartition de milliers de réfugiés dans l’UE.

Favorable sur le principe à la mesure, le parti d’extrême droite Jobbik avait conditionné son soutien à la suppression par le gouvernement d’un régime de permis de résidence accordé depuis 2013 aux riches investisseurs extra-européens, un "chantage" selon M. Orban qui a refusé.

(...) L’initiative de cet amendement avait été prise par le Premier ministre dans la foulée de son référendum invalidé contre le mécanisme européen de répartition des réfugiés, début octobre.

Alors que cette consultation n’a pas atteint le quorum nécessaire pour avoir force légale — 50% des inscrits —, le Premier ministre y a vu un plébiscite pour sa politique antimigrants car le non aux réinstallations de réfugiés a recueilli 98,3% des voix exprimées.

Viktor Orban estimait légitime de graver le vote de ces 3,2 millions d’électeurs —sur 8,2 millions d’inscrits— dans la Constitution.

Le projet d’amendement constitutionnel prévoyait que "les populations étrangères ne peuvent pas être réinstallées en Hongrie" et que les ressortissants de pays tiers à l’UE ne peuvent vivre en Hongrie que sur la base de requêtes individuelles, examinées par les autorités. (...)

Le Premier ministre, qui depuis deux ans n’a cessé d’amplifier une campagne aux accents xénophobes contre l’immigration extra-européenne, refuse d’accueillir les 2.300 demandeurs d’asile qui lui sont dévolus dans le cadre du plan européen de répartition dans l’UE de 160.000 demandeurs d’asile adopté par les 28 il y a un an.