
(...)Les 286 immigrés sans-papiers, en grève de la faim depuis 44 jours à Athènes et Salonique, ont arrêté leur mouvement mercredi soir, après avoir reçu la satisfaction d’une partie de leurs revendications de la part du ministre de l’Intérieur Yannis Ragoussis, ont-ils annoncé mercredi.
(...)Les 286 grévistes de la faim, dont 236 étaient à Athènes, étaient tous des hommes pour la plupart originaires du Maghreb. Plusieurs d’entre eux travaillaient depuis des années dans le secteur agricole en Crète mais avaient récemment perdu leur travail en raison de la crise.
"La décision du gouvernement de satisfaire une partie des revendications des 300 immigrés a montré à tous les travailleurs que le gouvernement du +mémorandum+ (ndlr : le programme de rigueur imposé au pays par l’UE-FMI pour faire face à la crise) n’est pas invaincu", a indiqué un communiqué du comité du soutien.
Le mouvement des sans-papiers a reçu un soutien important des syndicats, des organisations de gauche et de personnalités de Grèce et de l’étranger.(...)
Certains des grévistes faisaient partie des quelque 150.000 migrants ayant perdu leurs papiers pour cause de chômage, la loi grecque liant le permis de séjour au paiement de cotisations sociales. D’autres avaient été déboutés d’une régularisation intervenue en 2005 ou sont arrivés après.(...)
Ce mouvement a suscité l’ouverture d’un débat sur l’immigration en Grèce et d’une polémique entre le gouvernement et le comité de soutien.
Le parquet d’Athènes avait même ordonné des poursuites contre le recteur de la faculté de droit d’Athènes, huit sympathisants et l’ensemble des grévistes, leur reprochant l’occupation au premier jour de la grève de la faculté, d’où la police les a délogés. (...)