Les 36 migrants ivoiriens abandonnés depuis cinq jours dans le désert, à la frontière tuniso-libyenne, ont finalement pu être secourus après de longues négociations entre l’ambassade ivoirienne, l’OIM et les autorités tunisiennes. Ils ont été pris en charge dans un centre de l’agence onusienne jeudi soir mais leur avenir reste flou.
"Les 36 migrants ont été transférés dans un centre de l’OIM en Tunisie", précise à InfoMigrants Paola Pace, chef de projet à l’OIM Tunisie, qui ne veut pas donner plus de précisions sur leur localisation pour "des raisons de sécurité".
Selon l’agence onusienne, les migrants étaient très éprouvés et fatigués. Ils n’ont pas eu accès à de l’eau et de la nourriture pendant deux jours. "Nous sommes en train de vérifier leur état de santé", signale Paola Pace qui ajoute que la femme enceinte "va relativement bien".
"Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert"
Tunis avait affirmé que ces personnes avaient tenté d’entrer illégalement dans le pays depuis la Libye. Des allégations fausses, selon l’association FTDES. L’OIM précise également qu’aucun ressortissant soudanais ne faisait partie du groupe, contrairement aux informations données par les autorités tunisiennes.
"Peu importe la manière dont ils se sont retrouvés là. Personne ne doit être laissé en détresse dans le désert", insiste Paola Pace. "La Libye est en guerre, on ne peut pas renvoyer des gens dans ce pays". (...)
Reste à savoir ce que vont devenir ces Ivoiriens. L’OIM assure que des "solutions adaptées à chaque personne" allaient être trouvées mais l’agence reste floue sur la suite des événements.
Selon le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) en Tunisie, contacté par InfoMigrants, aucun Ivoirien du groupe n’est un demandeur d’asile. Néanmoins, "s’ils expriment leur souhait de déposer une demande d’asile, nous interviendrons", prévient le HCR.
Renvoyés en Côte d’Ivoire ?
Le FTDES pense qu’un accord a été trouvé entre les autorités et les migrants. "Les autorités les ont probablement autorisés à entrer en Tunisie à condition qu’ils s’engagent à quitter le territoire", déclare à InfoMigrants Romdhane Ben Amor, de l’association. (...)