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Marie-Claude Saliceti
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Jeune Afrique
Expulsion ou prison pour les migrants : Israël fait marche arrière
Article mis en ligne le 5 avril 2018

Le gouvernement de Benyamin Netanyahou a annulé lundi un projet controversé d’expulsion de migrants africains et signé un accord avec l’ONU pour la réinstallation d’une partie d’entre eux dans des pays occidentaux.

« Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et Israël sont parvenus à un accord permettant le départ d’au moins 16.250 migrants africains vers des pays occidentaux, tandis que l’Etat d’Israël règlera le statut de ceux qui resteront sur place », indique un communiqué du bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahou. (...)

Le gouvernement israélien avait d’abord prévu de donner le choix aux migrants de partir d’ici à début avril – soit pour leur pays d’origine, soit pour un pays tiers – ou d’aller en prison indéfiniment.

Ce projet avait suscité de nombreuses critiques, notamment du Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) et d’ONG. Ces dernières semaines, des manifestations avaient réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays. (...)

Ces migrants sont arrivés majoritairement après 2007 en s’infiltrant à partir du Sinaï égyptien. La frontière, à l’époque poreuse, avec l’Égypte a depuis été rendue quasiment hermétique. Ils se sont installés en nombre dans les quartiers pauvres de Tel-Aviv. (...)

« L’accord signé avec le HCR permet l’annulation immédiate de l’expulsion vers un pays tiers comme prévu dans le plan précédent », précise le bureau du Premier ministre.

Selon Benyamin Netanyahou, cet accord va permettre de déplacer une partie de ces migrants africains vers « des pays développés comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ».

Refus des pays tiers
Lors d’une conférence de presse retransmise à la télévision, Netanyahou a qualifié la signature de l’accord de « très importante » pour Israël.

Le plan concerne notamment des milliers de Soudanais et d’Érythréens qu’Israël admettait ne pas pouvoir renvoyer dans leur pays sans mettre leur vie en danger. Le régime érythréen a été accusé par l’ONU de crimes contre l’humanité « généralisés et systématiques ».

Le gouvernement Netanyahou avait prévu de renvoyer les migrants vers des pays tiers sans préciser clairement lesquels. (...)