Bandeau
Marie-Claude Saliceti
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Diritti umani
États-Unis - L’exécution de Lisa Montgomery a de nouveau été programmée le 12 janvier, seule femme condamnée à mort. Cela ne s’était pas produit depuis 70 ans.
Article mis en ligne le 3 janvier 2021

Une cour d’appel américaine a donné le feu vert à l’exécution de Lisa Montgomery, la seule femme actuellement condamnée à mort dans le pays : si la peine est exécutée le 12 janvier, Montgomery deviendra la première prison fédérale qui aura exécuté une femme depuis près de 70 ans.

Selon les médias internationaux, l’exécution était initialement prévue pour le mois dernier, mais a été suspendue après que l’un des avocats de la femme soit tombé malade avec Covid.

Le ministère de la Justice a ensuite fixé la nouvelle date au 12 janvier, mais les avocats de Montgomery ont fait valoir que la date ne pouvait pas être fixée tant qu’un sursis d’exécution était en vigueur.

Un juge d’un tribunal mineur s’était donc mis d’accord avec la défense, mais hier trois juges de la cour d’appel de Washington DC ont annulé sa décision, donnant le feu vert à l’exécution.

Les avocats de la femme ont déjà annoncé qu’ils allaient faire appel de leur décision.
La dernière femme exécutée par le gouvernement américain était Bonnie Heady, décédée dans une chambre à gaz du Missouri en 1953.

Lire aussi :
 Aux Etats-Unis, Lisa Montgomery sans défense ni clémence
(...) Dans sa cellule de la prison médicalisée pour femmes de Carswell à Fort Worth (Texas), la condamnée de 52 ans pense peut-être, à chaque instant, à la mort qui se rapproche. Ou peut-être pas. Même ses avocats l’ignorent, cantonnés par la pandémie à de rares coups de téléphone. Avec, au bout du fil, une seule et amère certitude : la santé mentale de leur cliente bipolaire ne cesse de se dégrader. « Le risque qu’elle finisse par perdre toute prise rationnelle sur la réalité existe, dit à Libération la professeure de droit Sandra Babcock, qui a rejoint récemment son équipe juridique. On craint véritablement que, lorsqu’arrivera le jour fatidique, Lisa soit si malade mentalement qu’elle ne comprenne même pas les raisons de son exécution. »

 Etats-Unis : Lisa Montgomery, la première femme qui va être exécutée depuis près de 70 ans
(...) Originaire de Melvern dans l’Etat du Kansas, elle souffrirait, selon ses avocats, de lésions cérébrales suite à des coups reçus pendant son enfance et souffre de psychose et d’autres troubles mentaux. L’un d’eux, Kelly Henry, a ainsi expliqué que c’était une "profonde injustice que de vouloir l’exécuter, sachant qu’elle est atteinte de nombreuses maladies mentales et d’un traumatisme causé par son enfance".

Selon lui, les violences subies, comme avoir été victime de trafics sexuels par sa propre mère ou de viol collectif par des hommes, "ont exacerbé une prédisposition génétique à la maladie mentale héritée des deux côtés de sa famille". (...)

Après la condamnation, des experts ont conclu que son éducation l’avait laissée avec une psychose intense, des troubles bipolaires et des troubles de stress post-traumatique. "Mais avant son procès, ni l’accusation ni la défense n’avaient enquêté sur la relation entre les nombreux symptômes de Montgomery et son histoire effroyable", souligne le Guardian.