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Et vous, que changeriez-vous en cas de reconfinement ?
Article mis en ligne le 9 septembre 2020
dernière modification le 8 septembre 2020

La France sera-t-elle amenée à vivre une nouvelle période de confinement ? Si oui, quand et pour combien de temps ? Pour l’heure, il semble impossible d’apporter des réponses à ces interrogations qui occupent l’esprit de millions de personnes vivant dans le pays. Cela n’empêche pas nos semblables de réfléchir à la façon dont pourrait se dérouler le prochain confinement, et notamment à ce demander quels seraient les éléments à modifier pour que celui-ci se déroule mieux que le précédent.

(...) ma préoccupation principale, c’est que mes enfants aient de quoi s’occuper sans passer l’intégralité de leurs journées devant des écrans, et donc que je puisse disposer de quelques moments de calme et de solitude dont je suis si friand. Mon deuxième objectif, c’est d’avoir de quoi cuisiner pendant des jours et des jours sans être forcément contraint de faire des courses. D’où les bouquins, les denrées alimentaires de base et les bidules pour chats.

Le premier confinement (oui, je suis si pessimiste que je pense qu’on devrait commencer à les numéroter) ne m’a pas appris grand-chose sur moi-même. Il m’a juste confirmé que j’avais besoin de solitude pour me régénérer. À part ça, ce que j’en retiens tout particulièrement, c’est que je vis mal le fait de ne plus avoir de farine, de litière ou de cartouches d’encre, non seulement parce que ce n’est pas pratique, mais aussi parce que ça me donne l’impression de mal m’occuper de mon foyer.

Une bulle à recréer

Pour beaucoup, un deuxième confinement se construirait à la lumière des enseignements du premier. Chez Gabrielle, qui vit avec sa compagne et deux enfants de 10 ans et 20 mois, c’est le fait de n’être qu’à quatre qui a posé problème : « Ce qu’on ferait différemment ici, c’est de se trouver une co-famille avec laquelle créer une bulle de confinement. Plus sain pour les enfants et plus facile à gérer pour les parents... » Une telle configuration pourrait à la fois permettre à chaque adulte d’avoir plus de temps à soi, et à chaque enfant d’avoir plus de partenaires de jeu.

« Ma fille aînée a un ami depuis la grande section, et on s’est liées d’amitié avec ses parents, raconte Gabrielle. Ils habitent tout près de chez nous, pratiquement l’immeuble d’à-côté. » L’idée serait d’utiliser les deux appartements pour se confiner : « Un parent, éventuellement à tour de rôle, qui s’occupe des devoirs et leçons dans un appart, les autres qui travaillent dans l’autre, dans le silence. »

Cette idée est née de constatations communes : « On s’est vite rendu compte qu’on faisait face aux mêmes problèmes, comme tout le monde d’ailleurs : manque de motivation des enfants, interruptions constantes des parents qui doivent travailler, trop de temps devant l’écran... Ça permettrait aux enfants (et aux adultes) de changer d’air, d’avoir accès à d’autres jeux... »

« Je prévois par exemple de proposer à des parents de l’immeuble que leur fils fasse l’école à distance chez nous. » Élise, mère d’un enfant de 8 ans (...)

S’enfuir sans s’en vouloir

Après avoir souffert de la proximité et de l’enfermement dans un tout petit espace, d’autres envisagent clairement l’exil. La première fois, Émilie est restée dans son appartement parisien. « J’ai jugé durement ceux qui se sont barrés le week-end d’avant, mais en fait ils ont eu bien raison : le confinement, même avec un jardin, c’est chiant, mais ce n’est pas la torture que j’ai vécue en ville avec une gosse de 6 ans qui n’a pas mis le nez dehors pendant des semaines. »

Cette fois, plus de scrupules (...)

Ailleurs, c’est juste l’organisation des journées qui sera sans doute à revoir. Y compris pour les personnes sans enfants (...)

Lever le pied

C’est sur leur rapport au travail que la majorité des témoins semble converger. Prof en collège, Ève va fixer précisément ses horaires de travail de façon à ne pas se laisser phagocyter. « Je prévois de communiquer ces horaires aux élèves et à leurs familles, et de m’y tenir. Lors du premier confinement, je mettais un point d’honneur à répondre à tous, tout de suite, alors qu’élèves et familles n’en n’attendaient pas tant. Je vais donc désactiver les notifications par mail ! C’est ça ou le divorce... » (...)

Pour Marion, les choses sont très claires : « Je ne me remettrais pas à télétravailler, seule avec deux enfants de 4 ans et 18 mois. Impossible d’être disponible pour bosser sereinement en journée. » Chez beaucoup de parents, principalement des mères, on sent poindre le désir (voire l’obligation) de lâcher du lest niveau travail. « On dit souvent que les mères ont une double journée, résume Louise, mais pendant le confinement, c’était encore pire : je devais à la fois être instit, animatrice de centre de loisirs, cantinière et employée de bureau. J’ai longtemps essayé de me persuader que c’était possible, que j’allais y arriver. Mais en fait, non. Je suis humaine, et il va bien falloir que quelqu’un prenne ça en compte. Soit mon employeur, soit mon ex-mari. Et pourquoi pas les deux. On peut rêver... »