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Enseignants/retraite : ainsi donc, si nous abdiquons notre combat...
Article mis en ligne le 24 janvier 2020
dernière modification le 23 janvier 2020

À l’Éducation Nationale, trop souvent, dans trop d’endroits, ça discute. Ça atermoie. On n’aurait plus de sous ou on en garde pour de futures mobilisations. Au lycée, il y a les E3C, le bac nouvelle formule. Ça se dissout. Ça se délite. Et la lutte contre la réforme des retraites, mère de toutes les batailles, risque de marquer le pas. Pourtant, si les enseignants abdiquent....

Ainsi donc, si nous abdiquons notre combat, nous laisserons le champ libre à qui érige le mensonge en mode de gouvernement ( « retraite plus juste » pour cacher une baisse de pensions pour tous, à terme ; « déficit du régime des retraites » creusé sciemment notamment par les exemptions de cotisations non compensées par l’Etat », « cas » présentés dans les documents gouvernementaux systématiquement faux, étude d’impact toujours pas diffusée). Mensonges et boniments en lieu et place du débat démocratique, fondement pourtant de notre République – à laquelle nous renoncerions.

Ainsi donc, si nous abdiquons notre combat, nous livrerons nos enfants et les enfants que nous formons à un travail sans fin, jusqu’à 65 ans ( au-delà plus tard ?) alors même que nous les poussons à faire des études longues, ce qui retarde d’autant leur entrée dans le monde du travail. Travail sans fin, avant le tombeau.

Ainsi donc, si nous abdiquons notre combat, nous leur lèguerons un monde où il leur faudra prendre n’importe quel travail, à n’importe quelles conditions, pour engranger des points, coûte que coûte – et quoi qu’il en coûte. (...)

Ainsi donc, si nous abdiquons notre combat, nous serons nous-mêmes les premières victimes de notre défaite – perdant et notre retraite et notre honneur. (...)

Ainsi donc ??

Mais c’est parce que nous sommes tous de formation universitaire supérieure, parce que nous sommes riches de toutes les matières que nous enseignons, parce que nous savons lire, compter, comprendre, mettre en lien, nous intéresser au monde extérieur, parce que l’intérêt de l’autre ( nos élèves...) est bien souvent supérieur à notre intérêt propre, parce que nous sommes mus par des valeurs bien plus que des intérêts, que nous n’abdiquerons pas devant les mensonges et le déni de la force de notre mobilisation protéiforme.

La grève, c’est maintenant. Pour la victoire - et pour l’honneur

Gavroche nous regarde.
Les mineurs de Montsous, qui avaient bien plus à perdre que nous, aussi.