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Economistes et patrons modernistes contre droit du travail passéiste...
Article mis en ligne le 3 avril 2015

« La remise en cause du CDI n’est pas dans les projets du gouvernement », a assuré Manuel Valls le 31 mars. Mais le Medef et des économistes néo-libéraux sont passés à l’offensive contre le contrat à durée indéterminée, qui permet au salarié de disposer d’un minimum de visibilité sur son avenir professionnel. Arguant que cela fera passer « durablement » le chômage sous la barre des 7% – sans expliquer comment –, des économistes, dont le prix Nobel d’économie Jean Tirole, propose une « simplification du contrat de travail » en élargissant la définition du licenciement économique (lire leur tribune dans Les Échos). Ils oublient que l’employeur dispose d’autres recours pour licencier, sans forcément devoir être confronté à de graves problèmes économiques : la rupture conventionnelle. Plus de 300 000 salariés par an ont, depuis 2012, quitté leur entreprise par ce biais. Problème pour le patronat : elle nécessite l’accord de l’employé. Intolérable !

Le président du Medef Pierre Gattaz plaide également pour une dérégulation des motifs de licenciement : « Pour les TPE et les PME, c’est un contrat sécurisé en mettant des motifs réels et sérieux de licenciement, c’est-à-dire baisse du chiffre d’affaires, baisse de la trésorerie, baisse du résultat d’exploitation qui permettraient en effet à un patron de pouvoir s’ajuster, s’adapter s’il y a un revers de marché, s’il y a une technologie nouvelle et de ne pas être dans une incertitude totale liée aux prud’hommes. » L’incertitude, ce n’est plus les marchés ou la conjoncture économique, mais la justice prud’homale qui arbitre un conflit opposant un employeur à un salarié ! Et sanctionne d’éventuels licenciements abusifs. En général, c’est sur les délinquants que l’application de la loi fait peser un risque... (...)