Assez agacé, un de mes amis Facebook, après la Gay Pride parisienne de samedi :
« Bon, être fier d’être homo, déjà le concept je trouve ça bizarre. On est homo point barre c’est très bien comme ça. Mais la Gay Pride derrière ses revendications légitimes pour l’égalité des droits des homosexuels ne peut s’empêcher d’être un défilé des pires clichés qui contribuent à maintenir l’homophobie. »
La Gay Pride vue comme resucée branchée de la Cage aux folles, bon, fallait l’oser. Un autre ami de réseau, homosexuel, répliqua :
« Je suis homo. Ce n’est pour moi ni une fierté ni une honte, je n’ ai jamais participé à une Gay Pride. Je suis néanmoins un peu énervé qu’on puisse s’indigner devant la fête que représente ce moment pour beaucoup de gens. Après tant de mois à subir les pires attaques, la communauté homo a eu besoin de se détendre, non ? »
La discussion allait déclencher les passions entre les amis (...)
l’exacerbation outrancière des droits aux différences particulières, ce symptôme fiévreux des époques malades, aboutit souvent à des résultats inverses de ceux escomptés en exacerbant inutilement en retour des montées d’intolérance.
Dans un discours prononcé jadis devant un parterre d’étudiants japonais, Pierre Bourdieu revendiqua la quête de ce qui rapprochait, facteur de paix, plutôt que de ce qui distinguait, facteur de conflit, puis de guerre.
Alors les filles, les gars, si vous tenez tant que ça à faire à la fête, organisez-nous donc quelque chose comme… comme, je ne ne sais pas, une “Free Pride Together”. La liberté pour tous, pas de quoi être plus fier que ça de quelque chose de tout à fait normal. Mais ça ne mange pas de pain et ça donnera l’occasion de trinquer ensemble.