
(...) Panagiótis est décédé à l’hôpital, ce matin ayant tout juste précédé l’adoption tardive dans la même journée par le “Parlement”, du quatrième mémorandum... automatisé, celui qui porte la signature d’Alexis Tsipras... et d’ailleurs tout son stigmate. Le cousin Manólis venu de Crète, a bien cru apercevoir toute la signification... symbolique en ce qui serait à ses yeux un “moment choisi”, pour un décès pourtant “attendu”, étant donné l’accélération comme on dit parfois, de la tumeur dont souffrait Panagiótis ; d’ailleurs, dans son dernier rapport, le conseil des chirurgiens avait conclu très sèchement que “la lésion pancréatique n’est plus opérable à ce stade”. (...)
Pour la presse grecque (même mainstream), le changement... qualitatif introduit par le mémorandum du “gouvernement” Tsipras... offre les clefs du pays aux dits “créanciers” et cela, pour une période finalement... historique de 99 ans. L’histoire se répète et finalement... elle se vomit.
Vie quotidienne qui se greffe alors obligatoirement aux grands phénomènes de la... biosphère du fait géopolitique. À travers son reportage, le journaliste de “Kathimeriní” du dimanche dernier (29 mai) regrette profondément la disparition de tant de milliers de petits (et parfois grands) bateaux traditionnels en bois, ceux qui sillonnaient encore il y a deux ans nos mers, bateaux devenus bien rares, pour cause de mise à la casse, réglementation de l’UE oblige, tout y est, l’euronécrophilie en plus. “Le métier traditionnel, vieux de plus de trois millénaires, celui de l’artisan, leur concepteur et fabriquant disparaît finalement en même temps”, note avec tant de nostalgie le journaliste.
Les bateaux disparaissent, nos... Constitutions aussi. Dans sa même édition, le journal “Kathimeriní” présente en... avant-première, l’ébauche d’une “nouvelle Constitution pour la Grèce, novatrice et modernisée, en rendant par exemple impossible la tenue d’élections législatives anticipées, tout comme, en opérant le transfert d’un certain nombre de prérogatives du Parlement, vers le pouvoir exécutif, ce dernier pourrait notamment être confié autant aux technocrates. Car il faut rendre la Constitution du pays mieux conforme... avec la réalité européenne, mais aussi avec celle des mémoranda”. (...)
Le processus est désormais connu... pour ne pas dire rodé. D’abord, la Constitution est suffisamment malmenée par les lois de l’UE, et/ou, par de reformes de type mémorandum, ou sinon, dans une variante moins... lourde, par ces dispositions présentées comme indispensables, la loi El Khomri, produit d’importation made in Union européenne illustre très exactement cette réalité pour ainsi mentionner un exemple autre que la Grèce.
Ensuite... très simplement, les Constitutions déjà malmenées des pays en question, sont purement et simplement remplacées par ces nouveaux textes “fondamentaux”, fondamentalement européistes, “ainsi gravées dans le marbre”. Sauf que l’irréversibilité prétendue dans l’histoire (celle du IIIème Reich jadis, celle de l’Euro et de l’UE bien de notre temps), ne relève que de la propagande des... envahisseurs pour le dire ainsi clairement. Les peuples ont démontré que souvent cette irréversibilité, a été renversée par les luttes d’en bas. Voilà en résumé pour notre instant historique de cet été 2016. (...)