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Cultiver et manger du cactus, le pari d’agriculteurs
#cactus #nopal
Article mis en ligne le 12 novembre 2022
dernière modification le 10 novembre 2022

Dans les Pyrénées-Orientales, des agriculteurs cultivent des figuiers de Barbarie sans irrigation ni pesticides. Et en plus, le cactus se décline : jus, huile, farine…

Il faut une délicate dextérité pour éplucher une figue de Barbarie sans se mettre des épines plein les doigts. Expert en la matière, le spécialiste de la décroissance François Schneider attrape un fruit avec une fourchette, plante son couteau dans la peau et le tranche en deux. Apparaît alors une chair orangée constellée de minipépins. On goûte. C’est acidulé, un peu sucré, plutôt étonnant pour les papilles peu habituées.

Cela fait une dizaine d’années que l’enseignant-chercheur François Schneider récolte des figues de Barbarie — aussi appelées nopal — ainsi que des « pales » de cactus, sur les terrasses rocailleuses de Can Decreix, sa « maison de la décroissance » située dans les hauteurs de Cerbère. En 2021, il a ramassé une tonne de fruits et produit 500 bouteilles de jus vendues dans une boutique de cette petite commune des Pyrénées-Orientales. Il fait également sécher les raquettes de nopal afin de les réduire en poudre et fabriquer de la farine.

Dans les montagnes qui bordent la côte Vermeille, ces figuiers de Barbarie poussent partout, sans soin ni eau. Pourtant, peu de gens ont pris l’habitude de les manger et encore moins de les cultiver. La plupart des figues vendues sur les marchés proviennent d’Espagne ou d’Afrique du Nord. « Ce n’est pas ancré dans la culture européenne, on n’a pas l’habitude. Le cactus est plutôt consommé au Maghreb et au Mexique », confirme Boris Igonet. (...)

Une idée originale dans un milieu agricole totalement tourné vers la vigne. Le viticulteur assure d’ailleurs que ses collègues le prennent pour un illuminé. « Les planteurs de cactus n’ont pas une bonne image auprès des agriculteurs locaux qui ne pensent qu’à la vigne, assure-t-il. J’en avais planté en bord de route sur une de mes parcelles et une voiture a écrasé tous mes plans. » (...)

Le figuier de Barbarie est une culture alimentaire, cosmétique et pharmaceutique. Dresser la liste de ses bienfaits revient à faire un inventaire à la Prévert. Riche en magnésium, en vitamine C, en antioxydants, il possède aussi des propriétés anti-inflammatoires et antispasmodiques. L’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) des Nations unies le considère comme « un atout précieux » pour l’alimentation dans les zones arides. (...)
Des bienfaits qu’Anouk Lehideux met en avant sur son site internet L’épineuse. Cette Lyonnaise a décidé de se lancer dans la vente des produits issus du figuier de Barbarie depuis bientôt deux ans. Elle récupère la production de François Schneider et de Boris Igonet pour produire des jus, de l’huile, de la poudre de pépins, ainsi que du nopal. Elle planche aussi sur une boisson sans alcool pour faire découvrir la figue de barbarie à un plus grand public. (...)