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France 24
Coronavirus : volte-face sur les masques en France et aux États-Unis
Article mis en ligne le 4 avril 2020

Face aux incompréhensions grandissantes du grand public et à la multiplication des prises de position de médecins pro-masque, le discours officiel sur le port du masque a évolué ces derniers jours, notamment en France et aux États-Unis. Bientôt tous masqués ? Après avoir martelé que les masques étaient inutiles contre la pandémie de coronavirus quand on n’est pas malade, le discours officiel a changé dans plusieurs pays cette semaine, au risque d’alimenter la confusion du public, voire des accusations de mensonge. (...)

En France, l’Académie de médecine a jugé, vendredi 3 avril, qu’un masque "grand public" devrait être rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement. Le gouvernement français lui-même a infléchi sa position en annonçant la fabrication de masques "alternatifs", autres que médicaux.
"Nous encourageons le grand public, s’il le souhaite, à porter (...) ces masques alternatifs qui sont en cours de production", a affirmé vendredi le N.2 du ministère de la Santé, le Pr Jérôme Salomon. (...)

Mercredi, la populaire animatrice de télévision Marina Carrère d’Encausse, également médecin, avait assuré que les propos officiels sur l’inutilité supposée des masques pouvaient s’apparenter à un "mensonge" fait "pour une bonne cause", c’est-à-dire pour les réserver aux soignants.(...)

Plusieurs enquêtes journalistiques, de Mediapart et France 2 notamment, révèlent en effet que la position officielle sur l’inutilité du port du masque a été décidée en raison de la pénurie de masques en France. (...)

la volte-face la plus spectaculaire est venue des États-Unis : le président Donald Trump a annoncé que les autorités sanitaires conseillaient désormais aux Américains de se couvrir le visage lorsqu’ils sortent de chez eux. (...)

De son côté, l’OMS s’en tient encore à sa position initiale, en craignant que l’usage généralisé du masque donne un "faux sentiment de sécurité" et fasse oublier les indispensables mesures-barrières (distanciation sociale, lavage des mains...).(...)

Une étude parue vendredi dans la revue Nature lui donnera du grain à moudre : elle conclut que le port de masques chirurgicaux réduit la quantité de coronavirus dans l’air expiré par des malades (l’expérience a été faite avec d’autres coronavirus que le SARS-CoV-2, responsable de l’épidémie actuelle). (...)

"Cette étude apporte un fort niveau de preuve en faveur du port du masque", a commenté un scientifique qui n’y a pas participé, le Dr Rupert Beale, du Francis Crick Institute de Londres. "Les responsables de santé publique doivent immédiatement en prendre note".