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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
Coronavirus : les stratégies de dépistage laissent perplexes patients et professionnels
Article mis en ligne le 11 mars 2020

Depuis quelques jours, confrontés à un nombre croissant de demandes de tests, plusieurs hôpitaux ont fait le choix de faire évoluer leur politique en matière de dépistage.

« Les gens veulent tous être testés, il y a une anxiété épouvantable avec ce qui se passe en Italie », raconte le docteur Wilfrid Sammut, le représentant départemental de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF). (...)

« On est hors cadre par rapport à ce qu’on nous demande », à savoir continuer à tester des personnes pas ou peu symptomatiques pour « rechercher le cas zéro », explique le Dr Sammut. « Vu le nombre de personnes contaminées, dit-il, on a pris le parti de ne tester que les cas potentiellement graves, les sujets âgés symptomatiques et les soignants. »

Tests réservés aux cas les plus graves

Depuis quelques jours, confrontés à un nombre croissant de demandes de tests, plusieurs hôpitaux ont fait le choix de faire évoluer leur politique en matière de dépistage, sans attendre l’annonce officielle d’un passage au stade 3 de l’épidémie.

En attendant le franchissement de ce palier, dans les départements encore peu touchés par le SARS-CoV-2, les tests peuvent encore être prescrits à toutes les personnes suspectes. A l’inverse, dans ceux où le nombre de malades est déjà important, ils sont désormais réservés aux cas les plus graves ou déjà hospitalisés. (...)

Cette évolution laisse perplexe des patients présentant des symptômes grippaux ou estimant avoir été exposés, contraints de rester à l’isolement sans pour autant avoir la certitude d’être contaminés. « Il semblerait que les tests soient inaccessibles pour le commun des mortels », déplore une habitante de l’Oise contrainte au confinement.

Reconnaissant ne pas être « en capacité » de tester les autres patients, Marc Noizet, le chef des urgences de l’hôpital Emile-Muller de Mulhouse (Haut-Rhin), a annoncé, mardi 10 mars, ne plus prélever depuis une semaine tous les patients présentant une suspicion de coronavirus mais uniquement ceux « qui sont hospitalisés et qui présentent des critères de sévérité ». Une décision similaire a été prise à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). (...)