Le maire de Lisses (Essonne) a installé une caméra thermique à l’entrée du Pôle administratif de la ville. Le but est de vérifier la température de chaque salarié à leur arrivée sur leur lieu de travail. Une mesure à laquelle il n’est pas obligatoire de se soumettre, rappelle la ministre du Travail Muriel Pénicaud.
Le maire de Lisses (Essonne), Thierry Lafon, ne compte pas revenir sur sa décision. Il a installé à l’entrée du Pôle administratif de la commune une caméra thermique, pour prendre la température d’une cinquantaine de salariés municipaux.
Un équipement en place depuis deux semaines et qui fonctionne de manière automatique au passage de chaque personne. Sur un écran, la température s’affiche et au-dessus de 37,5 °C, un message d’alerte conseille à l’agent de faire demi-tour, rapporte Le Parisien lundi 4 mai.
« On nous interdit tout ! »
Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a indiqué lundi 4 mai sur France Info que « l’absence de température ne signifie pas une absence de Covid ». Et le gouvernement a rappelé qu’il n’était pas obligatoire pour un salarié de s’y soumettre.
À Lisses, le maire voit les choses autrement : « Si j’ai quelqu’un qui refuse, je viendrai lui prendre sa température moi-même », confie-t-il au Parisien. L’édile vient par ailleurs d’acquérir une autre caméra fixe et dix portatives, pour un coût total de 29 000 €. Et la position du gouvernement ne fait que l’irriter : « Qu’on dise dans un autre ministère que les salariés peuvent venir malades, c’est n’importe quoi. D’un côté, on laisse toutes les responsabilités aux maires et de l’autre, on nous interdit tout ! ». Thierry Lafon compte même aller plus loin en inscrivant cette mesure dans le règlement intérieur de sa ville.
Respect des libertés et sécurité
Selon Amandine Michaud, avocate en droit du travail interrogée par nos confrères, cette prise de température ne peut se faire sans l’accord du salarié. « C’est d’autant plus vrai si cette donnée est visible de tous sur un écran ». (...)
. Si un employé « pense qu’il est contaminé, il est supposé ne pas venir travailler », précise-t-elle. Pour Amandine Michaud, il s’agit là d’une « balance des droits entre respect des libertés et préservation de la sécurité ».