
Suivant les recommandations de la Commission européenne qui elle même avait obéi aux menaces de l’Allemagne, le conseil des ministres des finances vient de lancer un processus de sanction, approuvé par la France, à l’encontre de l’Espagne et du Portugal pour cause de déficits trop importants.
Un an après le diktat imposé à la Grèce, 15 jours après le Brexit, voilà de nouveau l’UE impitoyable avec deux pays déjà mis à mal par les cures d’austérité. Madrid et Lisbonne ont dix jours pour se justifier et implorer la clémence ce qui d’ailleurs ne leur donnera aucune garantie contre une sanction financière.
Voilà donc l’UE à laquelle les peuples sont sommés d’adhérer. Conciliante et complice avec les forts, liées organiquement à la finance, obéissante aux intérêts de l’oligarchie allemande, elle n’a cure du sort peuples. Le seul progrès qui lui importe est celui du profit.
Cette UE là ne vaut décidément rien. Il faut sortir des traités avant qu’il ne soit trop tard. Le seul espoir de refondation d’un projet de coopération en Europe passe par la rupture.
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Aucune leçon n’est tirée de la crise sociale, de l’inefficacité économique et du profond rejet populaire causés par l’austérité. S’obstiner dans cette voie c’est menacer le projet européen.
Puisque le gouvernement français annonce vouloir un « sursaut » de l’Europe, c’est le moment.
Voici deux point forts que Michel Sapin devrait mettre sur la table de l’Eurogroupe :
– Le gouvernement français doit s’opposer aux sanctions qui engendreraient une situation financière encore plus dégradée pour l’Espagne et le Portugal, et mettre en cause le traité budgétaire et l’ensemble des règles qui tuent le développement en Europe.
– Les 80 milliards d’Euros déversés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers, sans aucun impact sur l’emploi, doivent être versés dans un fonds de développement social et solidaire pour financer un plan d’investissement européen dans les services publics (...)