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Slate.fr
Comment les industriels innovent pour réduire leur production de plastique
Article mis en ligne le 9 mars 2021
dernière modification le 8 mars 2021

« Le plastique, c’est fantastique », chantait le groupe Elmer Food Beat en 1991. Trois décennies plus tard, la rengaine a changé. Partout sur Terre, les dégâts provoqués par les déchets plastiques dans l’environnement sont visibles.

Selon l’ONU, près de 320 millions de tonnes de plastique sont produites dans le monde chaque année et 8 millions de tonnes finissent dans les océans. Même le groupe de rock nantais a changé son fusil d’épaule en entonnant en 2019 un nouveau refrain : « Le plastique, c’est dramatique », pour soutenir la dépollution des océans. (...)

Loin de la scène musicale, le monde industriel réfléchit également à un changement de modèle pour limiter la production de plastique ou mieux valoriser le recyclage de ces déchets. Mais remplacer la production de matières plastiques par d’autres matériaux, comme des éco-produits ou des contenants en verre, peut coûter plus cher voire même s’avérer une fausse piste. C’est pourquoi des spécialistes du secteur accompagnent les industriels dans leur mutation. (...)

De nombreuses initiatives voient le jour, comme le programme (RE)SET, avec l’alliance des principaux noms de la grande distibution en faveur de l’emballage durable, en « supprimant le plastique des packagings, identifiant des solutions mieux recyclables, valorisables ou biodégradables et changeant nos modes de consommation ». (...)

Il y a cependant souvent un hic : la hausse du coût de fabrication. « La productrice a finalement refusé la barquette en aluminium que nous lui proposions pour l’instant, car le coût était trop élevé. On a beaucoup de clients dans ce cas. Le prix du plastique est en effet indexé sur le cours du pétrole et celui-ci est très bas actuellement, donc le plastique n’est pas cher », poursuit Jérémy Le Roy. (...)

Une cinquantaine d’industriels ont déjà pris des engagements volontaires en annonçant une incorporation de 275.000 tonnes supplémentaires de résines recyclées dans leurs produits d’ici à 2025. Elles viendraient s’ajouter aux 300.000 tonnes déjà incorporées. C’est un engagement conséquent et encourageant, mais il y a encore beaucoup à faire au regard des 3,6 millions de tonnes de plastique mises sur le marché chaque année en France. (...)

En 1947, 100% des sodas vendus aux États-Unis l’étaient dans des bouteilles en verre réutilisables. Le consommateur payait quelques centimes de plus pour la bouteille en verre lors de l’achat du soda et récupérait cette somme en rapportant le contenant. Ce système de consigne est ensuite tombé en désuétude au fil des ans face à l’avènement du plastique, avant de renaître de ses cendres à petite échelle depuis quelques années. On peut citer « Bout’ à Bout’ » dans les Pays de la Loire ou « Jean Bouteille » dans le nord de la France. Mais à une échelle industrielle, le passage du tout-plastique au 100% verre se bute à deux arguments : un argument économique qui fait que personne ne prend le risque de relancer au niveau national un projet pilote ­d’envergure, selon l’un des pionniers du ­secteur, Gérard Bellet, dans une interview donnée au journal Le Monde ; et un argument écologique : le cycle de vie d’une bouteille en verre, en fonction des usages, n’a pas toujours un moindre impact carbone. (...)

Plutôt que le verre, il existe un autre matériau qu’affectionnent de plus en plus les industriels : les éco-produits. Ce sont par exemple des sacs réutilisables et conçus avec des matières écologiques que l’on peut trouver dans certaines épiceries ou supermarchés. (...)

« Le gros problème du plastique, c’est le transport » (...)