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Comment certains Ehpad ont réussi à protéger leurs résidents de l’épidémie de Covid-19
Article mis en ligne le 22 août 2020

Afin de briser la vague épidémique de Covid-19 qui a déferlé sur la France en début d’année, le gouvernement a décrété des mesures de confinement strictes, appliquées du 17 mars au 11 mai 2020. Durant cette période, les médias se sont fait l’écho de l’initiative des personnels de certains établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), qui ont choisi de se confiner avec les résidents, pendant plusieurs semaines.

En la matière, la première expérience fut celle de l’Ehpad Vilanova de Corbas, dans le Rhône. Le 18 mars, alors que le confinement venait d’être imposé et que les visites aux résidents des Ehpad étaient interdites par le ministère de la Santé, la directrice et 28 membres du personnel ont fait le choix de rester dans l’établissement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 !

Intrigués par cette expérience, nous avons découvert qu’elle n’était pas restée isolée : 16 autres Ehpad ont en effet suivi une démarche analogue. Nous avons alors contacté leurs responsables pour les interroger sur les caractéristiques de leur établissement, les modalités de leur autoconfinement, et le nombre de cas de Covid-19 survenus du 1er mars au 28 avril.

Notre équipe de gériatrie a ainsi publié mi-août les faits marquants de ces initiatives hors du commun.

Des initiatives décidées par le personnel (...)

Vingt fois moins de cas de Covid-19, cinq fois moins de décès (...)

Les données sont également positives côté personnel. (...)

Au cours de notre enquête, tous les directeurs ont souligné l’exceptionnel investissement du personnel de leur Ehpad. N’hésitant pas à mettre de côté leur vie familiale, ces salariés ont forcé l’admiration de l’entourage des résidents, de leurs collègues, ou encore des citoyens ayant eu connaissance de leur action. Et ces expériences ont par ailleurs renforcé la cohésion des équipes, y compris avec le personnel qui n’ayant pas participé à l’autoconfinement, a apporté son aide de l’extérieur.
Des initiatives à encourager

Ces aspects positifs ne doivent pas faire oublier que ces initiatives se sont parfois heurtées à la réglementation du travail : un des établissements a ainsi reçu l’injonction administrative d’interrompre son expérience après 11 jours, un autre s’est vu interdire une seconde période d’autoconfinement du personnel par les autorités.

Elles ont par ailleurs été confrontées à des difficultés budgétaires, le paiement des heures supplémentaires du personnel confiné s’ajoutant au paiement de tous les salaires. On peut regretter qu’elles n’aient pas été accompagnées et soutenues par les autorités de santé (...)

Pour conclure, saluons l’initiative et l’investissement de ces équipes, et le remarquable travail de gestion et d’organisation des responsables de ces établissements. Ces expériences se sont montrées efficaces, quand chacun sait les terribles conséquences de la Covid-19 sur les résidents des Ehpad. Certes, elles ne peuvent pas constituer un modèle généralisable, notamment en raison de la réglementation du droit du travail et des conséquences sur la vie familiale du personnel. Mais dans un contexte de pandémie, et dans des établissements exempts de cas de Covid-19, il ne faudrait pas décourager le personnel de s’engager dans ce type d’action.