"Le retard du siècle." Les quatre associations à l’origine de "l’Affaire du siècle" détournent leur propre nom à l’occasion de leur premier anniversaire mercredi. La Fondation Nicolas Hulot, Greenpeace France, Notre affaire à tous et Oxfam France souhaitent à cette occasion alerter sur le retard pris par Paris dans la lutte contre le changement climatique.
Selon leurs estimations, au rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre constaté depuis 2015, "la France atteindrait les objectifs qu’elle s’est fixés avec un retard de plus… d’un tiers de siècle". Dans le détail, "si on se réfère à l’objectif européen, la réduction de -55% en 2030 serait atteinte en France en 2059, soit avec 29 ans de retard. La neutralité carbone prévue en 2050 serait obtenue en 2093, soit avec 43 ans de retard", écrivent-elles. (...)
Une cartographie inédite des changements climatiques en France
Mercredi, elles vont annoncer le lancement d’une nouvelle initiative sur les réseaux sociaux, autour du mot-clé #TémoinduClimat. L’idée est que chacun puisse témoigner, sur Internet, des changements climatiques constatés : récoltes endommagées, mortalité des forêts, nappes phréatiques asséchées, érosion des côtes, fonte des glaciers, inondations, etc. (...)
L’objectif est, à terme, d’obtenir une cartographie des impacts des changements climatiques en France. Des premiers témoignages seront publiés dès demain sur le site de la plateforme et les futures contributions y seront ajoutées.
Les citoyens qui publient les témoignages les plus saisissants seront contactés par les avocats de la plateforme afin de venir crédibiliser le volet juridique de "l’Affaire du siècle", explique-t-on chez Greenpeace France.
Une procédure juridique en cours devant le Tribunal administratif
Car l’an dernier, les quatre associations ont en effet déposé un recours inédit contre l’Etat, qui se joue désormais au Tribunal administratif de Paris. L’instruction a débuté en mai, avec le dépôt par la plateforme de l’ensemble des pièces et des arguments en sa possession. Le gouvernement doit désormais répondre à leur argumentaire et a déjà été relancé par la justice administrative pour le faire. En vain. (...)
les associations déplorent notamment le fait que l’objectif de -40% de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 n’ait pas été rehaussé. Elles espèrent une réponse formelle au tribunal administratif début 2020.