Depuis presque quinze jours, une cinquantaine de jeunes marocains sont portés disparus. Ils avaient embarqué sur un canot en direction des Canaries depuis la région d’Agadir. Selon deux parents de disparus, tous ces exilés avaient "entre 15 et 37 ans". Cet événement intervient alors que des ONG dénoncent l’inertie des autorités marocaines et espagnoles dans un autre naufrage, survenu mercredi.
(...) Il y aurait à bord principalement des jeunes hommes, ainsi que "trois ou quatre filles", tous "entre 15 et 37 ans", indique-t-il.
"À ce jour, nous n’avons plus aucune nouvelle de ce qui a pu leur arriver", s’inquiète un autre parent, Amine Aharrouy, auprès de l’AFP. "Nous espérons que les autorités marocaines pourront élucider leur sort".
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a exhorté les autorités à "enquêter et intervenir immédiatement pour révéler le sort de ces jeunes (migrants)" dans un communiqué paru jeudi. (...)
"Deux mille euros" pour monter sur l’embarcation (...)
"Les conditions économiques dont souffrent les jeunes au Maroc les poussent à migrer vers l’Europe via des bateaux de la mort", abonde Khadija Ainani, vice-présidente de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH), jointe par InfoMigrants.
Deux décès avérés et d’autres disparus lors d’un naufrage mercredi
Toutes ces craintes interviennent alors qu’un important naufrage a eu lieu mercredi 21 juin sur la route des Canaries, avec de multiples disparitions.
Les sauveteurs espagnols, intervenus à la demande du Maroc, ont repêché ce jour-là deux corps, dont celui d’un enfant, à 160 kilomètres environ de l’île de Grande Canarie. Côté marocain, une patrouille a retrouvé 24 survivants.
Mais ce naufrage aurait en fait coûté la vie à au moins 39 personnes, rapporte l’ONG Caminando Fronteras - parmi lesquelles quatre femmes et un bébé. En effet, selon Alarm Phone et Caminando Fronteras, qui croisent les données de géocalisation via les appels de détresse et des témoignages d’exilés, près de soixante migrants étaient à bord de ce canot.
Il s’agirait principalement de ressortissants du Sénégal et de Gambie, aux côtés de quelques Ivoiriens et Guinéens, a indiqué l’activiste Helena Maleno Garzón de Caminando Fronteras auprès de Libération. (...)
Les ONG accusent les États d’"inertie" dans la recherche des disparus
L’embarcation en question "implorait un sauvetage dans les eaux sous responsabilité espagnole depuis plus de douze heures", dénonce Helena Maleno Garzón. Alarm Phone et Caminando Fronteras accusent donc les autorités marocaines et espagnoles d’avoir agi trop tard. (...)
Le quotidien espagnol El País confirme que plus de dix heures se sont écoulées entre le repérage du bateau par un avion, mardi 20 juin dans la soirée, et le début des opérations mercredi matin.
"L’Espagne a dit que c’était au Maroc d’y aller, bien que le bateau ne se trouvait pas dans une zone de sauvetage marocaine. Les Marocains ont dit qu’ils y allaient (...) mais finalement ils ont fait attendre les migrants", a détaillé Helena Maleno Garzón, accusant les deux États de "jouer avec la vie des gens".
De manière générale, "le manque d’action immédiate pour rechercher les disparus envoie un message clair : nous ne ferons pas un grand effort de sauvetage, même si le prix à payer est la vie de ces personnes", commente Khadija Annabi. (...)