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COMMENT LES RICHES MENACENT L’ECONOMIE
Article mis en ligne le 10 décembre 2014
dernière modification le 6 décembre 2014

Les riches sont dépensiers, paient des impôts, investissent dans les entreprises. Et pourtant, leur multiplication est un poison pour le bien commun.

L’initiative pour l’abolition des forfaits fiscaux serait-elle le signe d’une croissante « hostilité antiriches » ? Que le grand argentier genevois Serge Dal Busco se rassure : l’accumulation de richesses individuelles n’a que rarement été ressentie comme aussi légitime au sein de la population. Même au pays de l’égalité, la cupidité prend le dessus : 76% des Français voyaient en 2012 la course à l’enrichissement comme une « bonne chose1 ». Un individualisme forcené qui dispose de sa caution morale : l’inégalité serait le meilleur moteur de la création de richesses. Celle-ci, par la main magique du marché et de l’Etat, entrant ensuite dans un cercle vertueux : la fortune profiterait à tous par « ruissellement » : impôts, consommation et investissement. En langage savant, on parle de trickle down economics, doctrine néolibérale qui a inspiré les contre-réformes des années 1980. Or trois décennies de baisses d’impôts et de libéralisations ont suffi à démentir l’adage reaganien : l’argent des riches n’a pas fait le bonheur des pauvres. Pourquoi ? Nous avons posé la question à quelques économistes qui ont su conserver leur sens critique.

« Enrichissez-vous ! » De Guizot à Deng Xiaoping, l’invite traduit un même optimisme : la course à la richesse nous mènerait vers la société de l’opulence. A en croire Till van Treeck, professeur d’économie sociale à l’université de Duisburg-Essen et expert auprès de l’Organisation internationale du travail (OIT), l’accumulation effrénée semble au contraire nous avoir conduits au bord du gouffre. Pour l’économiste allemand, le creusement des inégalités sociales, ces trente dernières années, serait la cause première du krach de 2008 et de la crise qui a suivi.(...)