Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Marianne
"C’est la fin de l’enfer" : le gourou Jacques Grimault condamné pour cyberharcèlement contre une jeune chercheuse
#cyberharcèlement
Article mis en ligne le 20 avril 2023
dernière modification le 19 avril 2023

Le conférencier en sciences occultes Jacques Grimault est reparti du tribunal de Paris au pas de course, affligé par sa condamnation. Ce mercredi 19 avril, en début d’après-midi, les juges de la 10e chambre correctionnelle ont condamné le gourou de 68 ans à un an d’emprisonnement avec sursis pour « harcèlement en ligne » contre Faustine Boulay, une jeune doctorante en égyptologie de 32 ans. Cette peine, plus sévère que les dix mois qu’avait réclamés le parquet lors de ses réquisitions en février, a sans doute paru assez indigeste pour le « professeur ». Lors de son procès, Jacques Grimault, un grand gaillard avec une calvitie et une voix nasillarde, s’était en effet livré à un exercice acrobatique, s’escrimant à convaincre les magistrats que, non, il n’était pour rien dans la litanie de messages et vidéos humiliantes qui avaient ciblé et dénigré Faustine Boulay, alors qu’ils portaient sa signature. « La vraie victime, c’est moi ! », avait-il osé à la barre.

Assortissant sa peine d’un sursis probatoire de deux ans, le tribunal l’a également contraint à verser 5 000 euros à Faustine Boulay, en réparation du préjudice qu’elle a subi, ainsi que 2 000 euros de frais d’avocat.

Entre mars et novembre 2021, Jacques Grimault s’était adonné à un cyberharcèlement très dur contre la jeune thésarde. Sur son compte Facebook, il avait publié près d’une centaine de messages dans lesquels il l’attaquait en personne, la traitant de « lubrique », de « gourgandine », de « frustrée ». Particulièrement prolifique sur la période, l’homme avait aussi mis son visage en scène dans des photomontages obscènes. Enfin, sur la plate-forme d’hébergement de vidéos Odysee, créé par le libertarien américain Jeremy Kauffman, il avait diffusé 18 vidéos où il l’assimilait tantôt à une « gourde », tantôt à une « handicapée mentale ».
« Madame Boulay, vous l’oubliez ! »

Pendant deux ans, Jacques Grimault aura interdiction d’approcher sa victime, mais devra aussi consulter un psychologue. Et pour cause, le tribunal avait été destinataire d’un rapport « qui alerte », remarque la présidente. Une expertise psychiatrique, rendue en février, lui diagnostiquait une « psychose délirante chronique de type paranoïaque », une « hypertrophie du moi » et plus généralement des préoccupations « de type conspiration et complot à propos d’événements se déroulant dans son environnement ». Avant qu’il sorte de la salle, la présidente lui a intimé : « Madame Boulay, vous l’oubliez ! » « C’est la fin de l’enfer », lâche Faustine Boulay dans un grand sourire avant d’ajouter : « La pression retombe. Je suis ravie d’avoir été entendue. Je vais pouvoir revenir à l’égyptologie sans être polluée par des oiseaux de mauvais augure. » « Cette décision est très cohérente et très juste », triomphe maître Julien Bensimhon, son avocat. (...)