
Le conférencier en sciences occultes Jacques Grimault est reparti du tribunal de Paris au pas de course, affligé par sa condamnation. Ce mercredi 19 avril, en début d’après-midi, les juges de la 10e chambre correctionnelle ont condamné le gourou de 68 ans à un an d’emprisonnement avec sursis pour « harcèlement en ligne » contre Faustine Boulay, une jeune doctorante en égyptologie de 32 ans. Cette peine, plus sévère que les dix mois qu’avait réclamés le parquet lors de ses réquisitions en février, a sans doute paru assez indigeste pour le « professeur ». Lors de son procès, Jacques Grimault, un grand gaillard avec une calvitie et une voix nasillarde, s’était en effet livré à un exercice acrobatique, s’escrimant à convaincre les magistrats que, non, il n’était pour rien dans la litanie de messages et vidéos humiliantes qui avaient ciblé et dénigré Faustine Boulay, alors qu’ils portaient sa signature. « La vraie victime, c’est moi ! », avait-il osé à la barre.
Assortissant sa peine d’un sursis probatoire de deux ans, le tribunal l’a également contraint à verser 5 000 euros à Faustine Boulay, en réparation du préjudice qu’elle a subi, ainsi que 2 000 euros de frais d’avocat.
Entre mars et novembre 2021, Jacques Grimault s’était adonné à un cyberharcèlement très dur contre la jeune thésarde. Sur son compte Facebook, il avait publié près d’une centaine de messages dans lesquels il l’attaquait en personne, la traitant de « lubrique », de « gourgandine », de « frustrée ». Particulièrement prolifique sur la période, l’homme avait aussi mis son visage en scène dans des photomontages obscènes. Enfin, sur la plate-forme d’hébergement de vidéos Odysee, créé par le libertarien américain Jeremy Kauffman, il avait diffusé 18 vidéos où il l’assimilait tantôt à une « gourde », tantôt à une « handicapée mentale ».
« Madame Boulay, vous l’oubliez ! »
Pendant deux ans, Jacques Grimault aura interdiction d’approcher sa victime, mais devra aussi consulter un psychologue. Et pour cause, le tribunal avait été destinataire d’un rapport « qui alerte », remarque la présidente. Une expertise psychiatrique, rendue en février, lui diagnostiquait une « psychose délirante chronique de type paranoïaque », une « hypertrophie du moi » et plus généralement des préoccupations « de type conspiration et complot à propos d’événements se déroulant dans son environnement ». Avant qu’il sorte de la salle, la présidente lui a intimé : « Madame Boulay, vous l’oubliez ! » « C’est la fin de l’enfer », lâche Faustine Boulay dans un grand sourire avant d’ajouter : « La pression retombe. Je suis ravie d’avoir été entendue. Je vais pouvoir revenir à l’égyptologie sans être polluée par des oiseaux de mauvais augure. » « Cette décision est très cohérente et très juste », triomphe maître Julien Bensimhon, son avocat. (...)