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TV5 monde
Bataille rangée autour du projet de cryptomonnaie de Facebook
Article mis en ligne le 14 septembre 2019

Les obstacles s’accumulent autour du projet de cryptomonnaie Libra lancé par Facebook, avec l’opposition montante de gouvernements et régulateurs, même s’il demeure en position de force. (...)

Si le ministre français apparaît comme le fer de lance de l’opposition au projet, depuis l’annonce de Libra mi-juin, l’avalanche de critiques est venue de tous bords : responsables politiques, régulateurs et banques centrales.

M. Le Maire s’inquiète notamment pour "la souveraineté monétaire" des Etats et des risques "systémiques" que pourrait entraîner la "privatisation éventuelle d’une monnaie (...) détenue par un seul acteur qui a plus de 2 milliards d’utilisateurs".

Fin août, Bloomberg, citant un document de la Commission européenne, a par ailleurs révélé que l’Autorité de la concurrence est "en train d’enquêter sur un potentiel comportement anticoncurrentiel" en lien avec Libra.

Pour Emilien Bernard-Alzias, avocat spécialiste des cryptomonnaies interrogé par l’AFP, ces "déclarations politiques n’ont pas vraiment de sens juridique" et les arguments "plutôt alarmistes" ne sont pas de nature à empêcher l’existence de Libra, dont le lancement est prévu mi-2020. (...)

Plus que le projet lui-même, c’est l’origine de son porteur qui pourrait gêner les responsables européens, fatigués de la domination du dollar dans les échanges commerciaux.

Si la Libra pourrait être un instrument pour s’en extraire, le fait qu’elle provienne d’une entreprise américaine déjà très puissante exaspère les Européens, selon M. Bernard-Alzias. (...)

Face à l’arrivée de la Libra, la Chine a même décidé d’accélérer le développement de sa propre cryptomonnaie calquée sur le yuan, vue comme un moyen de remplacer l’argent liquide, réduire sa dépendance au dollar et faciliter l’internationalisation de sa devise. (...)

Si le projet a été initié par Facebook, officiellement, une centaine de partenaires devraient cogérer la future cryptomonnaie et Calibra, la filiale du géant américain aura le même poids que chacun des membres. (...)

Pour Ross Buckley, professeur à l’Université de New South Wales en Australie, l’intérêt pour Facebook d’avoir d’autres partenaires est principalement d’éviter que Libra n’apparaisse comme un "projet Facebook".

Mais, "la vérité est que Facebook peut faire Libra tout seul" et "n’a pas besoin de la plupart des membres", explique M. Buckley.