9ème partie de la série : Banques – Peuples : les dessous d’un match truqué !, et suite de Les banques bluffent en toute légalité, publié le 19 Juin 2013, et que vous pouvez retrouver ici.
L’euphorie néolibérale et Bâle 2
Les accords de Bâle 2 ont été conçus en pleine euphorie néolibérale quand les banquiers capitalistes ont réussi à obtenir la suppression des quelques règles de prudence qui subsistaient encore et qui dataient de l’après grande crise des années 1930.
Bâle 2, c’est la période où Alan Greenspan, président de la Fed, la banque centrale des États-Unis |1|, pérorait sur la capacité des marchés financiers à s’autoréguler et prônait la suppression de toutes les contraintes qui bridaient encore, selon lui, la « créativité » des banquiers.
Les accords de Bâle 2 sont entrés en application en 2004-2005, juste avant l’éclatement de la crise qui a commencé en 2007 et sont toujours d’application en 2013-2014. La mise en œuvre des accords de Bâle 3, élaborés sous la pression de la crise en 2010, révisés en 2011 |2|, fait toujours l’objet d’interprétations et de négociations. Les accords de Bâle 3 ne devraient être pleinement d’application qu’en 2018-2019. C’est pourquoi il est très important de commencer par prendre le temps de connaître les accords de Bâle 2 alors que la plupart des commentateurs dirigent leur attention et celle de leurs lecteurs/trices vers Bâle 3 comme s’ils étaient déjà d’application.
Les autorités de contrôle, les gouvernements en cheville avec les grandes banques privées, la grande presse veulent faire croire au public que des contraintes sérieuses ont été imposées au monde de la finance. C’est faux.(...)
Les mesures annoncées pour discipliner les banques sont cosmétiques, elles ressemblent purement et simplement à un emplâtre sur une jambe de bois. Il faut bien sûr imposer de véritables règles très strictes et incontournables qui vont bien au-delà des mesures annoncées dans le cadre de Bâle III notamment. Mais disons-le franchement, cette crise devrait être dépassée par la réalisation de mesures qui touchent la structure même du monde de la finance et du système capitaliste.
Le métier de la banque est trop sérieux pour être laissé dans les mains du secteur privé, il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public |24| et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.
La dette publique contractée pour sauver les banques est définitivement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes ou/et illégales et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste puisse prendre forme(...)