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Autour de la fondation des institutions de Bretton Woods
Article mis en ligne le 19 juillet 2014
dernière modification le 16 juillet 2014

Voici 70 ans, le 22 juillet 1944, prenait fin la conférence de Bretton Woods. Pour éviter la répétition de crises du type de celle de 1929, mais également pour assurer son leadership sur le monde de l’après seconde guerre mondiale, le gouvernement des États-Unis planche très tôt sur la création d’institutions financières internationales |1| . C’est en 1944 que naîtront à Bretton Woods la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Au départ, l’administration Roosevelt est favorable à la création d’institutions fortes capables d’imposer des règles au secteur financier privé, y compris à Wall Street. Mais les banquiers y sont hostiles et Roosevelt recule. Par ailleurs, la répartition des voix au sein de la Banque mondiale et du FMI illustre bien la volonté de domination de quelques grandes puissances sur le reste du monde.

(...) Entre 1941 et juillet 1944, moment où se réunit la conférence de Bretton Woods, plusieurs propositions contenues dans le plan initial sont abandonnées. Mais l’une d’entre elles se matérialisera : la création du FMI (Fonds monétaire international) et de la BIRD (Banque internationale pour la Reconstruction et le Développement), mieux connue sous le nom de Banque mondiale.
Pour bien comprendre la fonction attribuée à ces deux institutions, il faut prendre la peine de remonter à la fin des années 1920 et aux années 1930. La profonde dépression économique qui touche alors de plein fouet les États-Unis, a un effet de contagion sur l’ensemble du capitalisme mondial.
Symptôme de la contagion, en 1931, l’Allemagne interrompt le remboursement de sa dette de guerre à l’égard de la France, de la Belgique, de l’Italie et de la Grande Bretagne. Dans la foulée, ces pays interrompent le remboursement de leur dette extérieure à l’égard des États-Unis |3|.De leur côté, les États-Unis réduisent radicalement leurs exportations de capitaux en 1928 et surtout en 1931 |4|. Simultanément, ils diminuent fortement leurs importations. Conséquence : le flux de dollars des États-Unis vers le reste du monde se tarit, les pays endettés à l’égard de la première puissance mondiale ne disposent plus d’assez de dollars pour la rembourser. De même, les dollars leur manquent pour acheter les produits nord-américains. La machine capitaliste mondiale se grippe. Les dévaluations compétitives se multiplient car chaque pays essaye de conquérir des parts de marchés aux dépens des autres. Le monde capitaliste développé s’installe dans une spirale récessive. (...)