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Marie-Claude Saliceti
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TV5 monde
Après les bombes, le patrimoine historique du Yémen sous les eaux
Article mis en ligne le 14 août 2020

Nous dormons la peur au ventre. Nous sommes entre la vie et la mort", se désespère le vieillard frêle à la barbe grisonnante au milieu de maisons éventrées et de murs devenus tas de terre.

Les inondations sont fréquentes à cette période de l’année au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique en proie, selon l’ONU, à la pire crise humanitaire au monde, causée par le conflit qui oppose les forces du gouvernement aux rebelles Houthis, qui ont pris Sanaa, la capitale, en 2014.
Mais elles font des ravages cette année. Depuis mi-juillet, elles ont tué au moins 172 personnes à travers le pays, selon des sources officielles et des responsables locaux.
Les pluies torrentielles ont également endommagé de nombreux sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco à Sanaa et à Chibam.

 "En train de fondre" -

Dans la capitale, 106 maisons, dont cinq dans le vieux Sanaa, ont été détruites et 156 endommagées, selon le ministère de la Santé des Houthis.
"Nos maisons sont faites en pisé. Nous espérons que les associations trouveront une solution pour nous", se désole Mohammed al-Khamissi, un jeune habitant de la vieille ville.

Les dommages s’expliquent aussi par des années de "négligence et de manque d’entretien", constate Doaa al-Wassiei, responsable au sein de l’Autorité
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L’intervention en 2015 d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, pour appuyer le gouvernement face aux Houthis, soutenus eux par l’Iran, a aggravé la situation dans le pays. L’aviation de la coalition est accusée d’avoir ciblé des civils ainsi que des sites historiques.
La guerre a fait des dizaines de milliers de morts, selon diverses ONG, et plus de trois millions de personnes ont été déplacées. Environ 24 millions de Yéménites - soit plus de 80% de la population - dépendent d’une forme d’aide humanitaire, selon les Nations unies.
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Sur place, des ouvriers travaillent d’arrache-pied pour combler des murs fissurés.
"Nous avons prêté une attention particulière à cette ville car elle a un intérêt historique important", assure à l’AFP Abdelwahab Abdallah ben Ali Jaber, responsable du site.
"La ville a été frappée par ce qui ressemble à une catastrophe sans précédent", souligne-t-il.
L’Unesco a exprimé son "regret" pour les morts et les dégâts causés notamment sur les sites inscrits au patrimoine mondial.
"Les conditions climatiques menacent la survie du patrimoine culturel unique du Yémen", a prévenu l’organisation dans un communiqué, ajoutant qu’elle se mobilise sur le terrain pour "la restauration de maisons et le renforcement des capacités des autorités locales".
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