Les migrants qui campaient depuis deux jours devant le GDF, le centre du Haut-Commissariat des réfugiés de l’ONU en Libye, sont parvenus à entrer dans la cour intérieur du bâtiment, jeudi. En revanche, ils n’ont pas accès aux hébergements et dorment toujours dehors, exposés aux intempéries. Le groupe de 400 personnes avaient quitté le centre de détention d’Abu Salim, dans la capitale libyenne, le 29 octobre.
“C’est le chaos”, confie Mohammed, un Soudanais contacté par InfoMigrants. Depuis mardi 29 octobre, la situation est explosive au GDF, le centre de rassemblement et de départ géré par le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) à Tripoli, en Libye.
Selon les informations d’InfoMigrants, la police libyenne a contraint les migrants sans-abri à franchir les grilles du centre sous peine d’être renvoyés en prison. Le groupe avait été relâché du centre de détention d’Abu Salim, au sud de Tripoli plus tôt cette semaine. Libres, ils ont alors marché jusqu’au GDF qui représente le centre le plus sûr pour les migrants actuellement en Libye.
"Pas de places au GDF"
Après deux nuits dehors, sous la pluie, les conditions ne se sont pas améliorées depuis qu’ils sont parvenus à entrer dans l’enceinte du centre onusien. “Il n’y a pas de places pour eux, (...)
“Le seul moyen pour nous de survivre, c’est de se serrer les coudes”, (...)
Plusieurs témoins affirment, en outre, que les cuisines du GDF sont restées fermées, vendredi 1er novembre. Par conséquent, la totalité des résidents du centre, soit environ 1 000 personnes, n’ont pas eu de petit-déjeuner ou de déjeuner.
“C’est une punition de groupe, ils essaient de nous affamer pour nous forcer à quitter les lieux”, estime un migrant Érythréen, qui fait partie des 400 d’Abu Salim. Et de clamer : “Nous préférons mourir de faim que de torture en retournant dans les rues de Tripoli”. (...)
Contacté à plusieurs reprises cette semaine par InfoMigrants, le HCR n’a pas répondu à nos sollicitations. (...)
En juillet déjà, un autre groupe de migrants avaient rejoint le GDF à pied, après avoir fui la prison bombardée de Tajourah. Eux non plus ne reçoivent pas l’aide du HCR. "Depuis que nous sommes au centre, les gens de l’ONU nous disent qu’ils ne peuvent rien faire pour nous. Ils nous disent que rester dans les locaux ne sert à rien", a expliqué Fadumo, un de ceux qui avaient fui Tajourah. Le groupe d’Abu Salim ne devrait donc pas faire exception, le HCR ayant d’ailleurs rappelé qu’il ne traiterait que les dossiers des migrants que ses services ont amenés au GDF.
Avec l’entrée, jeudi, des migrants d’Abu Salim, le GDF compte désormais environ 1 000 personnes entre ses murs.