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Afrique : au secours le FMI revient en force !
Article mis en ligne le 19 octobre 2016
dernière modification le 13 octobre 2016

La situation économique de l’Afrique se caractérise, depuis début 2015, par une baisse des ressources financières liées aux exportations de matières premières. Le cours de l’essentiel de celles-ci connaît, en effet, une chute importante, pétrole en tête. Ce retournement est en passe de faire basculer de nombreux pays africains dans une situation d’endettement encore plus insoutenable. Une nouvelle crise de la dette africaine n’est pas loin, le FMI non plus... comme au Mozambique où le FMI prétend donner des leçons de « bonne gouvernance » en demandant un audit de la dette. Pour le réseau CADTM (Comité pour l’abolition des dettes illégitimes), il est nécessaire de réaliser un audit intégral des dettes mais sans associer le FMI et débouchant sur des décisions politiques d’annulations de dettes.

depuis l’éclatement de la crise globale de 2007, les capitaux cherchent à se placer au meilleur taux, loin des taux négatifs de nombreux pays du Nord. Les pays africains, aux taux de croissance économique élevés, semblaient donc être des cibles privilégiées. Notons également que la Chine et l’Inde, à la recherche de matières premières, ont aussi prêté massivement à ces pays.

Le retournement de situation des deux dernières années fait donc mal, très mal : baisse des ressources liées aux exportations, hausse des taux d’intérêt pour les pays cherchant à placer des eurobonds. Conséquence : les déficits budgétaires explosent, les échéances de remboursement pèsent lourdement sur les finances, entraînant des restructurations de la dette pilotées par les créanciers pour gagner du temps comme c’est le cas actuellement au Niger.

Le FMI aux avant-postes

Le FMI en profite pour revenir au premier rang des acteurs, multipliant les prêts à ces pays pour qu’ils puissent payer leurs dettes, en échange… de l’application de mesures d’austérité. Le Ghana a dû accepter de revoir son budget 2016 pour voir débloquer une tranche de prêt de 300 millions de dollars en août 2015. Le Kenya, pour obtenir un accord de précaution, a dû également revoir ses prévisions de déficit. Enfin, il y a quelques jours, la Zambie a accepté de diminuer progressivement de 1 milliard de dollars les subventions annuelles qui permettent aux plus pauvres d’avoir accès à l’énergie et les aides à l’agriculture : les subventions pour l’électricité et le fuel représentent, à elles seules, 600 millions de dollars. Les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ne sont pas épargnés non plus. L’Egypte est sur le point de conclure un accord de prêt de 12 milliards de dollars avec le FMI assorti d’un plan d’austérité drastique. La même austérité pour la Tunisie pour un prêt de 2,8 milliards de dollars d’ici 2020, et pour le Maroc pour une nouvelle ligne de précaution et liquidités de 3,47 milliards de dollars sur 2 ans.

On assiste donc, une nouvelle fois, à l’imposition de mesures antisociales dans des pays où les inégalités et la pauvreté dominent déjà, résultant de la mise en œuvre des plans d’ajustement structurels (PAS) imposés au lendemain de la crise de la dette de 1982, de la corruption des gouvernements africains soutenus par les puissances impérialistes, des accords de libre-échange dont les accords de partenariat économique (APE) impulsés par l’Organisation mondiale du commerce et l’Union européenne. (...)