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Marie-Claude Saliceti
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A Minneapolis, les réfugiés africains pleurent leur rêve américain envolé
Article mis en ligne le 2 juin 2020
dernière modification le 1er juin 2020

Leur "rêve américain" était déjà mal en point, la mort de George Floyd lui a porté un coup fatal. Indignés par les violences policières et le racisme aux Etats-Unis, de nombreux réfugiés africains défilent avec leurs "frères" depuis une semaine à Minneapolis.

"Je suis venue ici parce que mon pays était en guerre, et je me retrouve avec deux petits garçons qui ont peur parce qu’ils ne sont pas blancs". Tiha Jibi, qui a fui le Soudan du Sud à l’âge de 15 ans, en pleure de rage.

Quitter son pays, sa famille fut très dur, mais elle poursuivait son "American dream", pensant trouver la paix, la démocratie, l’égalité.

"C’était un mensonge, il faut bien s’y résoudre", déclare aujourd’hui cette mère de famille, croisée dans l’une des nombreuses manifestations organisées en hommage à George Floyd, un Afro-Américain de 46 ans mort aux mains de la police. (...)

L’Etat du Minnesota, où se trouve Minneapolis, a une longue tradition d’accueil des réfugiés et, rapporté à la taille de sa population, figure parmi les Etats ayant le plus haut taux de réfugiés par habitant.

Parmi eux figure une importante communauté de la Corne de l’Afrique, des Ethiopiens et Somaliens, dont la présence dans les cortèges était notable grâce aux abayas colorées des femmes. (...)

Aujourd’hui, elle se sent très proche des descendants d’esclaves, Américains depuis des générations : "il y a quelque chose qui nous lie : nous sommes tous déshumanisés" par une partie de la population. (...)

Aujourd’hui, elle se sent très proche des descendants d’esclaves, Américains depuis des générations : "il y a quelque chose qui nous lie : nous sommes tous déshumanisés" par une partie de la population. (...)

Selon le site de données démographiques Minnesota Compass, les familles africaines de l’Etat sont particulièrement affectées par la pauvreté. En 2016, 12% de la population du Minnesota vivait sous le seuil de pauvreté, 31% parmi la population éthiopienne et 55% chez les Somaliens.

Alors, pour beaucoup de réfugiés, c’est une autre facette du rêve américain — celle de l’ascenseur social — qui s’est fissurée au cours du temps. Et les émeutiers n’ont pas aidé en brûlant des commerces, dont certains appartenaient à des immigrés. (...)