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Marie-Claude Saliceti
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Infomigrants
À Calais, la grève de la faim d’un prêtre jésuite et de deux militants continue
Article mis en ligne le 22 octobre 2021

Depuis le 11 octobre, ils ne mangent ni n’avalent rien, à part de l’eau. Le prêtre jésuite Philippe Demeestère et deux autres militants associatifs ont entamé une grève de la faim pour réclamer l’arrêt des maltraitances des migrants de Calais. Onze jours plus tard, les récentes annonces du préfet n’ont pas suffi à mettre fin à leur grève.

Presque deux semaines. Depuis 11 jours, Anaïs Vogel, 35 ans, Ludovic Holbein, 38 ans, et le père Philippe Demeestère, 73 ans, ont cessé de s’alimenter pour réclamer "l’arrêt de la maltraitance des personnes exilées dans le Calaisis". Dans l’église Saint-Pierre de Calais où ils observent ce jeûne politique, les trois grévistes semblent toujours aussi déterminés.

Leurs revendications sont "modestes", disent-ils : l’arrêt des démantèlements des camps de migrants, l’arrêt des maltraitances sur les exilés, l’arrêt des saisis des affaires personnelles, l’arrêt des violences policières. (...)

Pour l’heure, les trois grévistes restent dans l’église Saint-Pierre. Ils avaient entamé leur mouvement suite au décès d’une jeune Soudanais de 16 ans qui avait chuté d’un camion dans lequel il essayait de monter pour aller en Angleterre. "Des amis à lui ont assisté à sa mort et, quand ils sont revenus vers leur campement, ils se sont fait détruire leurs affaires", a affirmé Anaïs Vogel à InfoMigrants.

"Je veux croire que ca va marcher"

De nombreuses personnes se relaient auprès des trois grévistes pour surveiller leur état général. (...)

Le représentant de l’État compte également "établir un nouveau protocole de restitution des effets personnels que les migrants auraient pu perdre lors des opérations d’évacuation". Le nouveau dispositif "permettra de proposer un lieu de dépose plus accessible de ces effets, lesquels seront triés et séchés avant leur restitution aux migrants". Les associations d’aide aux migrants dénoncent régulièrement les vols systématisés de leurs affaires lors des expulsions de campements. (...)

Depuis des années, les ONG et associations qui travaillent sur le littoral nord auprès des migrants dénoncent leurs conditions de vie terribles, dans des campements insalubres, où les démantèlements sont quasi-quotidiens. (...)