Son avocat a affirmé qu’elle était arrivée au Canada, après avoir été acquittée d’une condamnation à mort pour blasphème qui avait suscité l’indignation à l’étranger.
(...) Son cas était devenu emblématique des dérives de la loi sur le blasphème au Pakistan, souvent instrumentalisée, selon ses détracteurs, pour régler des conflits personnels via la diffusion de fausses accusations.
Cette quinquagénaire avait fini par être acquittée en octobre 2018 par la Cour suprême pakistanaise, la plus haute instance judiciaire du pays, après avoir passé plus de huit ans dans les couloirs de la mort. (...)
Cette décision avait provoqué des violences dans de nombreux endroits du Pakistan, où le blasphème est une question incendiaire. Des milliers d’islamistes du groupe Tehrik-e-Labaik Pakistan (TLP) avaient notamment bloqué pendant trois jours les principaux axes du pays pour exiger sa pendaison. A la suite de ces manifestations, le gouvernement du premier ministre Imran Khan avait signé un accord controversé avec les islamistes : l’exécutif s’était engagé à lancer une procédure visant à interdire à Asia Bibi de quitter le territoire et à ne pas bloquer la requête en révision du jugement que devait examiner la Cour suprême. L’accord a été critiqué par de nombreux Pakistanais, furieux que l’Etat ait cédé face aux extrémistes.
Malgré cette pression, la Cour suprême avait ensuite définitivement blanchi Asia Bibi, en janvier, en rejetant un recours contre son acquittement. (...)