Selon les résultats provisoires des élections provinciales de dimanche 28 juin en Nouvelle-Calédonie, les non-indépendantistes ont remporté largement la province Sud, qui regroupe 75 % de la population. Ces partis n’obtiennent toutefois pas la majorité au Congrès, L’Éveil océanien devant à nouveau y jouer un rôle d’arbitre. La participation est en recul par rapport à 2019.
Avec 28 sièges sur 40, la présidente sortante de la province Sud, Sonia Backes, peut avoir le sourire. Elle, qui craignait une alliance de circonstance entre indépendantistes et modérés pour lui ravir la présidence, conserve son fauteuil et gagne même huit sièges par rapport à la précédente mandature, rapporte notre correspondante Charlotte Mannevy.
Les non-indépendantistes n’ont, en revanche, pas réussi à percer dans les îles Loyauté ni dans la province Nord, qui restent aux mains des indépendantistes. Le Congrès, l’assemblée délibérante composée d’élus provinciaux, échappe donc aux partisans de la Calédonie française et se retrouve, à ce stade, sans majorité : Sur les 54 sièges, les non-indépendantistes en comptabilisent 24, soit sous la majorité absolue des 28. Les indépendantistes du FLNKS et leurs alliés, 18, et les élus du Parti de libération kanak, en froid avec le FLNKS, 7. (...)
Aucun camp ne disposant à lui seul d’une majorité au Congrès, l’heure est désormais aux tractations pour former une coalition et désigner un président de l’institution. Elles commencent dès lundi 29 juin. (...)
Une participation en baisse avant les futures négociations institutionnelles (...)
La participation s’est établie à 63,71 %, contre 66,50 % lors du précédent scrutin de 2019. Le scrutin s’est déroulé dans le calme, sous la surveillance d’environ 2 400 membres des forces de l’ordre, dont 1 120 gendarmes mobiles déployés jusqu’à la mi-juillet.
Ces élections reposaient sur un corps électoral gelé depuis 2007 : seuls les résidents installés avant 1998 et leurs descendants pouvaient voter. C’est précisément une tentative d’élargir cet électorat à des résidents plus récents qui avait déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024, ayant fait 14 morts et plus de deux milliards d’euros de dégâts.
Au printemps, une loi organique a finalement intégré 10 575 natifs jusque-là exclus, portant le corps électoral de 169 000 inscrits en 2019 à environ 192 500 électeurs. (...)