Les activistes du mouvement écolo radical Extinction Rebellion sillonnent la France pour préparer une action de grande envergure. Première étape : Tours.
« Les campagnes traditionnelles ne sont pas assez gênantes pour mettre en place un rapport de force avec les décideurs. C’est pourquoi nous avons choisi la rébellion comme moyen d’action » (...)
Demain, ils partiront au Mans, puis ils rouleront vers Nantes et passeront sans doute à Morlaix. Le duo est attendu à Grenoble à la fin août et marquera une étape en Corse début septembre. Le reste de l’itinéraire est encore à définir, mais Jade et Pierre seront sur la route tout l’été. En témoignent les énormes sacs qui traînent à leurs pieds.
Voici la « caravane » d’Extinction Rebellion. Le but ? Recruter et former un maximum de militant·es pour préparer une action de grande envergure à Paris en octobre, qui serait suivie d’autres évènements à Londres, Berlin ou New York. (...)
Dans chaque ville où le collectif posera ses valises, des activistes du coin grossiront les troupes avant de rejoindre l’étape suivante. « L’idée est venue lors d’un week-end stratégie il y a deux mois, rembobine Pierre. Certains militants proposaient de faire des actions sur le Tour de France. Et puis on s’est dit : “Pourquoi ne pas partir en faire un ?” » (...)
Depuis, une soixantaine d’annexes locales ont vu le jour, dont celle de Tours, qui accueille aujourd’hui la caravane.
« XR » France revendique plus de 6.000 membres, qui se sont notamment fait·es connaître après avoir bloqué le pont de Sully à Paris, le 28 juin.
D’ailleurs, presque toutes les personnes présentes ce soir y étaient. Anthony, grand gaillard au t-shirt floqué du logo d’Extinction Rebellion –un sablier cerclé– faisait partie des activistes violemment évacué·es par la police. (...)
« C’est presque une bonne chose qu’ils aient eu recours à la force. Médiatiquement, on a explosé. On l’a vu au niveau des dons, des soutiens et des nouveaux membres, constate celui qui a cofondé le groupe de Tours. La non-violence nous permet de mettre la police et le gouvernement face à un dilemme : s’ils utilisent la violence, l’opinion publique sera de notre côté. » (...)
« On propose des formations en fonction de ce dont on besoin les groupes locaux, souligne Jade. Ici, par exemple, on nous a demandé des interventions autour de l’organisation du groupe. À Morlaix et Nantes, ce sont les formations à la désobéissance civile qui intéressent. »
Au programme de cette formation censée durer huit heures : des jeux de rôle pour apprendre à réagir face aux forces de l’ordre et une partie légale, notamment sur ce qu’il faut faire et ne pas faire en garde à vue. (...)