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Force Ouvrière (FO)/communiqué, jeudi 11 juin 2026
Le rapport du COR ne saurait justifier les discours alarmistes !
#retraites #COR
Article mis en ligne le 14 juin 2026
dernière modification le 12 juin 2026

Pour Force Ouvrière, le rapport 2026 du COR confirme que les déséquilibres du système de retraite relèvent d’un problème de financement, et non d’un excès de dépenses.

Loin des discours alarmistes cherchant à justifier de nouvelles réformes, les dépenses de retraite restent stables sur le long terme, passant de 14,1% du PIB en 2025 à 14,2% en 2045. En revanche, si les dépenses restent globalement maîtrisées, les ressources diminuent progressivement dans les projections du COR.

Le véritable enjeu est celui du financement : il s’agit de garantir des recettes à la hauteur des besoins, et non de réduire les droits.

Près des deux tiers des ressources des régimes de retraite proviennent des cotisations sociales. À cet égard, le COR souligne que les exonérations et allègements de cotisations ne sont pas toujours intégralement compensés. L’absence de compensation coûtait ainsi 2,2 milliards d’euros en 2024 pour la branche vieillesse.

Dans ce contexte, FO s’oppose à toute nouvelle remise en cause des droits à la retraite et réaffirme sa revendication pour l’abrogation de la réforme de 2023 ! Pour FO, un nouveau recul de l’âge légal et de la durée de cotisations aurait des conséquences négatives sur les conditions de vie et la santé des travailleurs.

Le renforcement durable des ressources du système de retraite passe avant tout par une véritable politique de l’emploi : lutte contre le temps partiel subi, améliorer l’emploi des jeunes et des seniors, augmenter les salaires et donc l’assiette des cotisations sociales, atteindre l’égalité salariale entre les femmes et les hommes.

Pour FO, c’est par la négociation que nous pourrons trouver les réponses aux enjeux des retraites. Il appartient aux interlocuteurs sociaux d’en débattre, tant sur les choix de financement que sur la gouvernance.

Lire aussi :

 (Basta !)
La retraite à 67 ans ? Ce que dit (vraiment) le Conseil d’orientation des retraites

À un an de l’élection présidentielle, le rapport du Conseil d’orientation des retraites est plus scruté que jamais. Au risque de faire l’objet d’une récupération pour pousser à un nouveau décalage de l’âge de départ à la retraite à plus de 67 ans. (...)

« Un âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070, la piste explosive pour atteindre l’équilibre », titre Le Parisien, un des premiers médias à avoir fait fuiter le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), le 8 juin. Le lendemain matin, le journal de 8 heures de France Info embraye : « La retraite à 67 ans, une piste choc pour atteindre l’équilibre. »

Pour l’économiste Michaël Zemmour, ces titres ont beau être répétés à l’envi, ils ne présentent qu’une synthèse très partiale des 258 pages de prérapport. « Non, le Conseil d’orientation des retraites ne propose pas la retraite à 67 ans. Ce qu’il dit, c’est que, si on décidait, entre 2045 et 2070, de n’équilibrer le système de retraite que par une mesure d’âge, alors il faudrait viser 67 ans et demi en 2070 », résume-t-il.

Un déficit qui se creuse à partir de 2045

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Le levier de l’âge n’est pas le seul possible

Pour réduire ce déficit anticipé, le COR rappelle que trois leviers existent : le report de l’âge légal de départ à la retraite, la diminution des pensions ou encore l’augmentation des cotisations, soit par le montant des cotisations salariales ou patronales.

« Des évaluations macroéconomiques de ces différents leviers ont été demandées. C’est une petite inflexion du COR cette année. Elles soutiennent que travailler plus longtemps augmente la production de richesse alors que les autres leviers ont plutôt un impact récessif » – par une diminution de la croissance économique. « Or, c’est contestable », estime Michaël Zemmour.

Dans ce contexte, le rapport affiche bien une petite préférence pour l’allongement de la durée du travail. « Mais elle sous-estime les coûts économiques et sociaux des mesures d’âge et surestime la richesse créée en faisant travailler les gens plus longtemps », poursuit l’économiste. En effet, le report de la mesure d’âge a, entre autres, pour effet l’augmentation du taux de senior hors emploi. Ainsi, à 60 ans, 25 % des seniors ne sont ni en emploi ni en retraite, rappelle la CGT. Autant de cotisations en moins. (...)

Autres pistes : l’égalité salariale et l’accès à un emploi stable (...)

Autre piste pour la CGT : la lutte contre la précarité. (...)

Récupération politique en vue de 2027

Créé en 2000, le COR est une instance d’expertise rattachée au Premier ministre et chargée de suivre les perspectives à moyen et long terme du système de retraite français. « Son rapport reste un outil d’information et de débat sérieux dans sa méthode. Il permet d’avoir un langage et un diagnostic commun sur la trajectoire financière de notre système de retraite. Mais il ne fait pas de recommandations », soutient Michaël Zemmour.

L’économiste rappelle qu’une instance « plus politique, qui fait directement des recommandations au gouvernement », existe depuis 2014 : le Comité de suivi des retraites (CSR). Il est constitué de seulement quatre experts, qui s’appuient notamment sur le rapport du COR. « Le COR reste donc un outil précieux et on peut déplorer les analyses très partielles qui en sont parfois faites dans la presse », appuie Michaël Zemmour. (...)

le poste de président du COR reste un poste-clé. Pour preuve, l’éviction par Matignon (c’est le Premier ministre qui nomme le président du COR), de Pierre-Louis Bras, le précédent président. En janvier 2023, en plein débat autour de la réforme des retraites d’Elisabeth Borne, ce dernier avait contesté l’existence d’un « dérapage des dépenses » consacrées aux retraites, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. Il remettait ainsi en cause le principal argument des partisans d’un allongement de l’âge de départ en retraite. Un propos qui lui avait valu d’être débarqué de son poste.